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Le mouvement Nafas réclame la libération de Zied El-Heni

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Par Sarra Hlaoui

    Le mouvement Nafas a dénoncé, dans un communiqué publié le 28 octobre 2026, les peines de prison et les poursuites judiciaires visant le journaliste Zied El-Heni. Il y voit une nouvelle illustration des pressions exercées sur la liberté d’expression et le travail journalistique, appelant à sa libération immédiate ainsi qu’à l’arrêt des poursuites liées à l’exercice pacifique de ses activités professionnelles.

    Pour le mouvement, les procédures visant le journaliste dépassent sa situation personnelle et envoient un message dissuasif à l’ensemble des professionnels des médias, mais aussi aux acteurs de la société civile et de la vie politique. Nafas estime que la judiciarisation de la critique contribue à instaurer un climat de peur et à renforcer l’autocensure.

    Le communiqué insiste notamment sur le rôle du journalisme, en particulier d’investigation, dans la révélation des dépassements et le contrôle de la gestion des affaires publiques. Il considère que l’activité journalistique ne doit pas devenir un motif d’emprisonnement ni être assimilée à une infraction pénale dans le but, selon ses termes, de vider la liberté d’expression de sa substance.

    Nafas alerte sur les garanties d’un procès équitable

    Le mouvement exprime également ses inquiétudes concernant le recours aux audiences à distance lorsque les conditions techniques ne permettent pas aux détenus de participer pleinement aux débats. Il souligne que les coupures de connexion, les problèmes de son ou d’image peuvent empêcher les prévenus de suivre les audiences, de prendre connaissance des éléments présentés et de répondre aux arguments exposés.

    Nafas estime que ces difficultés ne peuvent être considérées comme de simples incidents techniques dès lors qu’elles sont susceptibles de compromettre les droits de la défense. Il réclame ainsi la présence effective des prévenus devant les tribunaux et demande qu’aucune audience ne se poursuive lorsque leur participation pleine et entière n’est pas garantie.

    Le mouvement appelle également à permettre aux personnes poursuivies de consulter leurs dossiers, de disposer du temps et des moyens nécessaires à la préparation de leur défense et de communiquer confidentiellement avec leurs avocats.

    Appel à la mobilisation des organisations

    Dans ses revendications, Nafas demande la libération immédiate de Zied El-Heni et l’arrêt des poursuites qu’il estime liées à l’exercice pacifique de son droit à l’expression et à son travail journalistique. Il rejette par ailleurs le recours aux législations pénales et aux accusations liées au terrorisme pour, selon lui, criminaliser le journalisme et la critique.

    Le mouvement appelle à revoir les dispositions légales susceptibles de restreindre la liberté d’expression et de publication. Il insiste également sur l’indépendance de la justice, le respect de la présomption d’innocence et la protection des droits de la défense.

    Enfin, Nafas exhorte les forces démocratiques, les organisations de défense des droits humains et les structures professionnelles du secteur des médias à coordonner leurs efforts pour défendre les libertés et s’opposer à la pénalisation de l’expression pacifique et du désaccord politique.

    « La presse n’est pas un crime et le journalisme d’investigation n’est pas du terrorisme », affirme le mouvement dans son communiqué, qui conclut par un appel à la liberté pour Zied El-Heni et pour toutes les personnes emprisonnées en raison de leurs opinions ou de leur expression pacifique.

    S.H

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