La Tunisie a enregistré 88 secousses telluriques depuis le début de l’année 2026, dont 67 sur son territoire, contre 75 recensées durant l’ensemble de l’année 2025. Ces chiffres ont été communiqués, jeudi 29 octobre 2026, par Houssen Hamdi, chef du service de recherche et développement en géophysique à l’Institut national de la météorologie (INM), lors de son intervention sur Express FM.
Interrogé à la suite de la secousse tellurique enregistrée au large de Tazarka, dans le gouvernorat de Nabeul, le responsable a précisé que celle-ci s’était produite en mer, à environ 19 kilomètres au sud-est de la ville, avec une magnitude de 3,5 sur l’échelle de Richter. Il a qualifié cette secousse de modérée, soulignant qu’elle ne pouvait être considérée comme un événement de forte intensité.
Le nord-ouest, région la plus exposée
Selon Houssen Hamdi, l’activité tellurique en Tunisie se concentre principalement dans le nord-ouest du pays, notamment dans les gouvernorats de Béja et de Jendouba, ainsi que dans les zones proches de la frontière algérienne.
D’autres régions connaissent également une activité, notamment le golfe de Hammamet, Gafsa et Sidi Bouzid. À l’inverse, les gouvernorats de Tataouine et de Médenine enregistrent relativement peu de secousses.
Le responsable a expliqué cette répartition par la configuration géologique du territoire tunisien, traversé par plusieurs réseaux de failles, dont certaines sont actives. Le nord-ouest constitue notamment un prolongement de la chaîne de l’Atlas, ce qui explique une activité plus fréquente dans cette partie du pays.
Un risque modéré, mais pas inexistant
Comparant la situation tunisienne à celle du Maroc et de l’Algérie, Houssen Hamdi a souligné que ces trois pays ne présentaient pas les mêmes caractéristiques géologiques ni la même répartition des failles.
La Tunisie se distingue ainsi par une activité tellurique généralement modérée, les secousses violentes susceptibles de provoquer d’importants dégâts y étant relativement rares. Cela ne signifie toutefois pas que le pays soit totalement à l’abri.
Des secousses dépassant une magnitude de 4 peuvent occasionner des dommages, particulièrement aux constructions anciennes. Le responsable a notamment rappelé la succession de secousses enregistrées entre février et mars 2025 dans la région de Meknassy, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid.
Il a également évoqué plusieurs événements historiques majeurs, dont un tremblement de terre survenu à Utique en 412 après J.-C. et un autre à Kairouan en 856, dont la magnitude a été estimée à 6,8 à partir des descriptions historiques des dégâts.
Peut-on prévoir une secousse tellurique ?
Sur la question de la prévision, Houssen Hamdi a été catégorique : aucune méthode scientifique ne permet actuellement de déterminer avec précision la date, le lieu et la magnitude d’un futur tremblement de terre.
Les secousses résultent d’une libération soudaine d’énergie accumulée dans le sous-sol, un phénomène dont le déclenchement exact demeure imprévisible.
Il reste néanmoins possible d’évaluer les probabilités de survenue de secousses d’une certaine magnitude dans des zones déterminées, grâce aux études géologiques et à l’élaboration de cartes du risque sismique.
Un dispositif de surveillance renforcé
Le responsable a enfin détaillé les moyens de surveillance déployés par l’INM. Créé en 1989 avec quatorze stations, le réseau national a été entièrement modernisé en 2015, avec seize stations numériques équipées de capteurs de haute précision.
Cinq nouvelles stations ont ensuite été acquises, portant leur nombre total à 21 en 2025.
Ces équipements permettent de détecter les secousses, d’en déterminer la localisation et d’en mesurer la magnitude, aussi bien sur le territoire tunisien que dans le bassin méditerranéen et au-delà.
M.B.Z










