Les services de contrôle économique relevant du ministère du Commerce et du Développement des exportations ont relevé 6.343 infractions économiques depuis le début du mois d’octobre 2026, à l’issue de plus de 40.000 visites de contrôle effectuées à travers le pays.
C’est ce qu’a annoncé le directeur de l’Observatoire national de l’approvisionnement et des prix, Ramzi Trabelsi, vendredi 30 octobre 2026, lors de son intervention sur la Radio nationale, précisant que ce bilan était arrêté au jeudi 29 octobre.
Selon le responsable, 2.079 infractions concernent les pratiques tarifaires et monopolistiques. Le défaut d’affichage des prix figure également parmi les manquements les plus fréquemment constatés, avec plus de 3.000 infractions relevées. À cela s’ajoutent 36 infractions liées à des pratiques illicites concernant les produits subventionnés.
Les opérations de contrôle ont également donné lieu à d’importantes saisies de marchandises. Ramzi Trabelsi a notamment fait état de la confiscation de 111 tonnes de dérivés de céréales subventionnées, de 139 tonnes de fruits et légumes, de 13.800 œufs, de 1.600 litres d’huile végétale et de 18 tonnes de sucre. Les saisies comprennent également 70 tonnes d’aliments pour animaux.
Des contrôles renforcés face à la spéculation
Ramzi Trabelsi a assuré que les opérations de contrôle se poursuivaient quotidiennement et qu’elles avaient été intensifiées au cours des dernières semaines, particulièrement face aux tensions enregistrées sur les marchés de certains produits agricoles.
Il a notamment évoqué le cas des tomates, dont les prix ont connu une hausse sous l’effet d’une diminution de l’offre. Cette situation s’explique, selon lui, par les perturbations saisonnières de la production, aggravées par les récentes précipitations accompagnées de grêle dans le gouvernorat de Kasserine.
Le responsable a toutefois mis en garde contre les pratiques spéculatives susceptibles d’accentuer ces tensions. Il a expliqué que la raréfaction de certains produits pouvait favoriser leur détournement des circuits de distribution réglementaires, au profit de ventes réalisées en dehors des marchés organisés.
Pour y faire face, le ministère du Commerce a renforcé sa coordination avec les services de sécurité. Des campagnes de contrôle sont notamment menées sur les routes afin de veiller à l’acheminement des marchandises vers les marchés de gros et de lutter contre les circuits parallèles.
Les interventions portent à la fois sur la régularité de l’approvisionnement, le respect des prix, la transparence des transactions commerciales et la lutte contre les pratiques de monopole.
Tomates et pommes de terre : des mesures pour contenir les prix
Évoquant les difficultés d’approvisionnement, Ramzi Trabelsi a précisé que la période automnale constituait traditionnellement une phase délicate, marquée par la transition entre les productions estivales et hivernales.
Concernant les pommes de terre, il a fait état d’un déficit saisonnier structurel, indiquant que les autorités avaient commencé à écouler les stocks disponibles afin de réguler le marché, dans l’attente de l’arrivée de la nouvelle production en novembre.
Pour les tomates, une amélioration de l’approvisionnement est attendue avec l’arrivée prochaine des productions des gouvernorats de Kairouan et de Sidi Bouzid.
Le responsable a également indiqué que des plafonds de prix avaient été instaurés pour certains fruits et légumes sur les marchés de gros, dans le but de limiter les hausses.
Ramzi Trabelsi a enfin assuré que les contrôles et les mesures de régulation se poursuivraient au cours des prochaines semaines, notamment en prévision des échéances de fin d’année et du mois de Ramadan, avec pour objectif de lutter contre les abus et de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs.
M.B.Z










