Trente-cinq ans après sa création, la Minurso pourrait quitter la scène sans que le conflit qu’elle devait accompagner ait trouvé d’issue. Vendredi 30 octobre 2026, le Conseil de sécurité n’est pas parvenu à renouveler son mandat, qui expire ce samedi 31 octobre. Deux projets de résolution se sont succédé au vote et ont tous deux échoué : l’un bloqué par le veto russe, l’autre par un vote américain. Derrière cette impasse se joue une question de fond : faut-il accorder l’autonomie ou garder la porte de l’indépendance ouverte ?
Pour comprendre les enjeux du vote, il faut remonter à 1991. Après seize années de conflit armé entre le Maroc et le Front Polisario, les Nations unies créent la Mission pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, connue sous son acronyme, la Minurso. Son déploiement accompagne l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, avec un objectif clair : permettre aux Sahraouis de se prononcer sur l’avenir du territoire, entre indépendance et intégration au Maroc.
Le référendum n’a jamais eu lieu. Les désaccords sur l’identification des électeurs et sur les modalités du scrutin ont progressivement paralysé le processus, sur fond de divergences plus profondes sur le statut même du territoire. La mission, elle, est restée sur place. Elle observe la situation militaire, contribue à prévenir les tensions et participe à la réduction des risques liés aux mines et aux engins explosifs.
Depuis que le Front Polisario a annoncé, en novembre 2020, la rupture du cessez-le-feu, cette présence conserve une importance particulière, dans un contexte de reprise des hostilités de faible intensité.
Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole dont le statut reste contesté depuis le retrait de Madrid en 1975. La même année, le Maroc revendique ce territoire, qu’il présente comme historiquement lié au royaume. Le Front Polisario, fondé en 1973, réclame de son côté l’indépendance.











