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Féminicide à Jebel Jelloud : une mère de trois enfants tuée après des violences et des menaces répétées

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Par Imen Nouira

    Une mère de trois enfants, dont un nourrisson âgé de quarante jours à peine, aurait été tuée à coups de couteau par son mari, dimanche 1er novembre 2026, à Jebel Jelloud, dans la banlieue sud de Tunis. Un drame qui aurait été précédé de violences conjugales répétées et de menaces de mort, sur fond de consommation de stupéfiants.

    Selon les premières informations disponibles, la victime aurait reçu plusieurs coups de couteau à différentes parties du corps, entraînant son décès. Son époux aurait ensuite pris la fuite.

    Intervenant lundi 2 novembre 2026, au micro de Hatem Ben Amara, dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, Chokri Mohamed Manaï, membre du conseil local de Jebel Jelloud, est revenu sur ce féminicide et les circonstances qui l’auraient précédé.

    Des violences répétées et des menaces de mort

    Selon les déclarations de l’élu local, la jeune femme aurait subi des violences répétées de la part de son mari, accompagnées de menaces particulièrement graves. Chokri Mohamed Manaï a notamment rapporté que l’homme aurait averti sa belle-mère que si sa fille portait plainte contre lui, il lui rapporterait sa tête dans un sac. Une menace particulièrement explicite qui témoigne de la gravité de la situation décrite par l’élu.

    Malgré ces violences, la victime aurait continué à vivre avec son époux. L’élu a expliqué que sa mère l’encourageait régulièrement à préserver son foyer et à rester auprès de ses enfants, évoquant les difficultés sociales et matérielles auxquelles était confrontée la famille.

    L’élu a également rapporté un détail particulièrement glaçant sur les circonstances du meurtre. Selon les informations recueillies auprès de la sœur de la victime, le mari aurait menacé de jeter leur nourrisson du balcon si son épouse continuait à crier alors qu’il lui portait des coups de couteau.

    La consommation de stupéfiants mise en cause

    Chokri Mohamed Manaï a également évoqué la consommation de stupéfiants par le suspect, qu’il a associée aux violences exercées contre son épouse. Selon ses déclarations, l’homme consommait notamment des comprimés et se trouvait régulièrement dans un état second lorsqu’il agressait sa femme.

    L’élu a profité de son intervention pour alerter sur les conséquences de la consommation de drogues, particulièrement chez les jeunes, appelant à identifier rapidement les situations d’addiction et à orienter les personnes concernées vers des structures de soins adaptées.

    Ces déclarations reposent toutefois sur le témoignage de l’élu. Aucun élément officiel communiqué à ce stade ne permet de confirmer les circonstances exactes du meurtre ni d’établir un lien de causalité entre la consommation présumée de stupéfiants et le passage à l’acte.

    Une famille endeuillée, trois enfants privés de leur mère

    Le meurtre a profondément bouleversé les habitants de Jebel Jelloud. Chokri Mohamed Manaï a évoqué une vive émotion dans le quartier, soulignant que la victime était connue et appréciée de ses voisins. « C’est une fille de notre quartier, notre sœur », a-t-il déclaré, faisant état de la tristesse des habitants face à ce drame.

    Face aux difficultés financières de la famille, les habitants de Jebel Jelloud se sont mobilisés pour réunir les fonds nécessaires à l’organisation des funérailles et permettre à la défunte d’être enterrée dignement. L’élu a salué cet élan de solidarité et l’engagement des habitants venus en aide aux proches de la victime.

    Ce drame s’inscrit dans un contexte marqué par une augmentation préoccupante des féminicides en Tunisie. Selon les chiffres publiés par l’association Aswat Nissa et la campagne « Féminicides Tunisie », le nombre de cas recensés est passé de six en 2018 à 25 en 2023, puis à 29 en 2024 et à 30 en 2025. En sept ans, le nombre de féminicides recensés a ainsi été multiplié par cinq.

    Les deux organisations ont également alerté sur la poursuite de ces crimes en 2026, dénonçant les insuffisances des mécanismes de prévention et de protection des femmes victimes de violences. Elles appellent notamment à une meilleure documentation des féminicides, à la protection des victimes et à la lutte contre l’impunité.

    À Jebel Jelloud, une femme a perdu la vie, laissant derrière elle trois enfants, dont un nourrisson de quarante jours, selon le témoignage de l’élu local. Les violences répétées et les menaces de mort rapportées dans cette affaire soulèvent une nouvelle fois la question de la protection des femmes exposées aux violences conjugales. Car au-delà des chiffres et de l’émotion suscitée par chaque drame, l’enjeu demeure celui de la prévention : comment empêcher que des menaces connues de l’entourage ne se transforment en féminicides ?

    I.N.

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