L’organisation du travail doit désormais tenir compte des nouvelles contraintes imposées par les changements climatiques. C’est le message défendu, lundi 2 novembre 2026, par le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, lors d’un atelier national consacré à « L’impact des changements climatiques sur le développement des ressources humaines ».
Il a préconisé notamment l’adoption d’un dispositif d’horaires flexibles pour mieux protéger les travailleurs et garantir la continuité de l’activité professionnelle en période de fortes chaleurs ou de précipitations intenses.
Selon lui, les horaires de travail devraient être suffisamment souples et ouverts pour permettre une meilleure adaptation aux conditions climatiques. Les vagues de chaleur, mais également les épisodes de fortes précipitations concentrées sur de courtes périodes, nécessitent une préparation particulière des espaces de travail et une capacité d’adaptation des entreprises et des administrations.
L’instauration d’horaires flexibles permettrait ainsi de mieux anticiper les situations météorologiques exceptionnelles, tout en préservant la sécurité des travailleurs et la continuité des services.
Cette réflexion intervient dans un contexte où la Tunisie a été confrontée, à plusieurs reprises, à des épisodes météorologiques extrêmes ayant provoqué des inondations
Le début de l’année 2026 notamment a été marqué par un épisode pluvieux d’une rare intensité. En janvier, des précipitations torrentielles se sont abattues sur plusieurs régions du pays, provoquant des inondations, des crues soudaines et d’importantes perturbations de la circulation.
La tempête méditerranéenne Harry a notamment touché le territoire tunisien, entraînant la mort de quatre personnes dans le gouvernorat de Monastir. Plusieurs axes routiers ont été coupés dans les gouvernorats de Tunis, Ben Arous, Nabeul, Sousse et Bizerte.
Quelques mois plus tard, le pays a connu un autre épisode climatique exceptionnel, cette fois sur le plan thermique. L’été 2026 a été officiellement classé comme le plus chaud enregistré en Tunisie depuis 1950, avec une température moyenne supérieure de 2,9 °C à la normale climatique.
Les mois de juillet et août ont été particulièrement éprouvants, avec des vagues de chaleur longues et généralisées, touchant aussi bien le Nord que le Centre et le Sud.
À cette chaleur diurne persistante se sont ajoutées des températures nocturnes exceptionnellement élevées, réduisant les possibilités de récupération physiologique et accentuant les risques liés à l’exposition prolongée à la chaleur.
Cette succession d’épisodes extrêmes illustre les contraintes auxquelles sont désormais exposés les travailleurs tunisiens. Déplacements rendus dangereux par les inondations, routes impraticables, interruptions d’activité, exposition aux fortes chaleurs dans les espaces professionnels ou sur les chantiers : les conditions météorologiques peuvent directement compromettre la sécurité des salariés et la continuité du travail.
C’est dans ce contexte que la question de la flexibilité des horaires prend une dimension particulière. Au-delà d’un simple aménagement organisationnel, elle renvoie à la capacité des entreprises et des administrations à adapter leurs activités aux alertes météorologiques et aux conditions climatiques, afin de limiter l’exposition des travailleurs aux phénomènes extrêmes.
N.J










