L’avenir de l’association Mnemty, engagée dans la lutte contre le racisme en Tunisie, reste suspendu à une nouvelle échéance judiciaire. Le tribunal de première instance de Tunis a examiné, lundi 2 novembre 2026, la demande de dissolution de l’association et décidé de reporter l’affaire au 16 novembre, dans l’attente des résultats d’une expertise.
Ce nouveau report intervient alors que Mnemty fait l’objet de deux procédures judiciaires distinctes. La première porte sur la suspension de ses activités, prononcée pour une durée de trente jours. Le recours introduit par l’association contre cette mesure a été rejeté. La seconde concerne la demande de dissolution engagée à son encontre par le chargé général du contentieux de l’État.
Les deux procédures s’inscrivent dans un contexte de multiplication des mesures administratives et judiciaires visant des organisations de la société civile en Tunisie.
Une association sous pression depuis 2024
Pour Mnemty, les difficultés judiciaires remontent à mai 2024, avec l’arrestation de sa présidente, Saadia Mosbah. Militante antiraciste et figure de la défense des droits des migrants et des minorités en Tunisie, elle a été condamnée, le 19 mars 2026, à huit ans de prison pour des faits notamment liés au blanchiment d’argent et à l’enrichissement illicite dans le cadre de la gestion de l’association.
Le 23 juin 2026, la Cour d’appel de Tunis a confirmé cette peine. La décision a également concerné plusieurs autres membres et collaborateurs de Mnemty.
Cette affaire a suscité des réactions d’organisations internationales de défense des droits humains. Amnesty International a notamment contesté les condamnations prononcées contre Saadia Mosbah et plusieurs membres de l’association, estimant que les poursuites reposaient sur des accusations financières infondées liées à leur travail en faveur des droits humains.
S.H











