Heure de Tunis :
Light
Dark

Jeunes médecins : une grève annoncée dans six hôpitaux

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Sarra Hlaoui

    Neuf mois d’attente pour des indemnités liées aux gardes hospitalières, des engagements qui tardent à se concrétiser et, en prime, des tenues de travail qui ne suivent pas. Face à une situation qu’elle juge désormais intenable, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins hausse le ton. Elle annonce une première journée de grève le 20 novembre 2026 dans six établissements hospitaliers, avec la menace d’un mouvement progressif appelé à s’étendre à d’autres structures si les revendications restent sans réponse.

    Le conflit porte sur des indemnités de gardes dont le paiement accuse des retards considérables. Dans certains cas, les sommes dues aux jeunes médecins restent impayées depuis plus de neuf mois, dénonce l’organisation mardi 3 novembre 2026 dans une mise en garde annonçant des actions de protestation. Une situation d’autant plus difficile à justifier que la profession et le ministère de la Santé avaient conclu, en juillet 2025, un accord prévoyant que les délais de versement de ces indemnités ne dépassent pas un mois.

    Plus d’un an après cet engagement, l’écart entre les dispositions convenues et la réalité dénoncée par les jeunes médecins alimente la colère. L’organisation affirme avoir multiplié les démarches et fait preuve de patience dans l’espoir de trouver une issue à ce dossier. Faute de résultats jugés satisfaisants, elle passe désormais à la confrontation.

    Six hôpitaux concernés par la première journée de grève

    La première étape de ce mouvement est fixée au vendredi 20 novembre 2026. Elle concernera six établissements hospitaliers répartis entre Tunis, Sousse, Monastir et Kairouan : l’hôpital universitaire Mongi Slim à La Marsa, les hôpitaux universitaires Sahloul et Farhat Hached à Sousse, Fattouma Bourguiba à Monastir, ainsi que l’hôpital Ibn El Jazzar et l’unité des spécialités chirurgicales El Aghaliba à Kairouan.

    L’organisation prévoit un arrêt de travail d’une journée couvrant les activités hospitalières, à l’exception des gardes et des services d’urgence, qui continueront de fonctionner normalement. Une exception destinée à préserver la prise en charge des situations urgentes et vitales ainsi que la sécurité des patients.

    Le choix d’une mobilisation ciblée n’est pas anodin. L’Organisation tunisienne des jeunes médecins entend faire pression sur les établissements concernés et sur le ministère de la Santé, tout en annonçant que d’autres hôpitaux pourraient rejoindre le mouvement à mesure que les retards de paiement seront pris en compte.

    Cette première journée pourrait ainsi n’être qu’un début. L’organisation présente cette grève comme la première étape d’un programme national de mobilisation progressive, qui s’étendra aux établissements où les créances des jeunes médecins n’auront pas été régularisées.

    Des indemnités impayées, mais aussi des conditions de travail dénoncées

    Au cœur des revendications figure le versement immédiat de l’ensemble des indemnités de gardes restant dues. L’organisation réclame également l’application effective de l’accord conclu en juillet 2025, avec une garantie claire : les délais de paiement ne devront plus excéder un mois.

    Mais le dossier ne se limite pas aux retards financiers. Les jeunes médecins dénoncent également l’absence de fourniture des tenues de travail et des chaussures médicales auxquelles ils estiment avoir droit conformément à la réglementation en vigueur.

    L’organisation demande leur mise à disposition immédiate pour tous les médecins concernés. Elle considère ces équipements comme une obligation qui ne saurait être reléguée au second plan, alors que les professionnels assurent leurs fonctions dans les établissements hospitaliers.

    En maintenant les services d’urgence et les gardes, les jeunes médecins entendent préserver la continuité des soins tout en donnant à leur mouvement une portée nationale. Ils mettent néanmoins le ministère de la Santé face à ses responsabilités et préviennent que la mobilisation s’intensifiera si les engagements ne sont pas respectés.

    Derrière cette nouvelle menace de grève se dessine ainsi un bras de fer autour de revendications présentées comme élémentaires : être payé dans les délais convenus et disposer des équipements nécessaires à l’exercice de son métier. Pour l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, la prochaine échéance est désormais fixée au 20 novembre. D’ici là, la question reste entière : les autorités parviendront-elles à désamorcer le conflit avant que la contestation ne gagne d’autres hôpitaux ?

    S.H

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *