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Meurtre de Narjess Ben Yedder au Canada : 49 coups de couteau, son mari plaide coupable

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Par Raouf Ben Hédi

    Le Tunisien Mustapha Khalil Mechken, âgé de 45 ans, a plaidé coupable, hier mardi 3 novembre 2026, devant le tribunal de Montréal, du meurtre de son épouse, la Tunisienne Narjess Ben Yedder, 32 ans, assassinée en janvier 2024 alors qu’elle était enceinte de dix semaines. Les circonstances particulièrement violentes du crime ont été détaillées à l’audience : la victime avait reçu 49 coups de couteau, dont 32 à l’abdomen.

    Selon les informations rapportées par les médias canadiens La Presse, Le Devoir et Noovo Info, l’accusé devait initialement comparaître devant un jury pour meurtre au premier degré. Il a finalement reconnu sa culpabilité pour meurtre au deuxième degré, une qualification correspondant, en droit canadien, à un homicide intentionnel non prémédité. Ce plaidoyer a mis fin au procès devant jury qui devait s’ouvrir le même jour.

    Une attaque pendant son sommeil

    Les faits remontent au 26 janvier 2024. Narjess Ben Yedder dormait dans le domicile conjugal, situé dans le quartier de Pointe-aux-Trembles, à Montréal, lorsque son époux s’est rendu dans la cuisine pour y prendre deux couteaux d’environ trente centimètres.

    Il s’est ensuite dirigé vers la chambre à coucher et a poignardé son épouse à 49 reprises, dont 32 coups portés dans la région abdominale.

    Selon l’exposé des faits judiciaires rapporté par Noovo Info, les enquêteurs ont retrouvé l’ADN de l’accusé sous les ongles de la victime, attestant qu’elle avait tenté de se défendre. L’autopsie a établi qu’environ la moitié des blessures étaient mortelles, précise La Presse.

    Après le meurtre, Mustapha Khalil Mechken a changé de vêtements avant d’appeler les services d’urgence. Dans l’enregistrement diffusé à l’audience, il reconnaît avoir tué sa femme à coups de couteau.

    « J’étais sur les nerfs et je l’ai fait », a-t-il déclaré lors de cet appel, selon le compte-rendu de Noovo Info.

    À l’arrivée des policiers, l’homme avait encore les mains ensanglantées. Il a été immédiatement arrêté.

    Il ne voulait pas devenir père

    Les éléments dévoilés lors de l’audience apportent également un éclairage sur les circonstances ayant précédé le meurtre.

    Selon Le Devoir, Mustapha Khalil Mechken avait confié à son épouse qu’il n’était pas prêt à devenir père. Il s’inquiétait notamment de la diminution des revenus du ménage pendant le congé de maternité et envisageait de retourner vivre en Tunisie.

    Le couple, marié depuis 2021, attendait son premier enfant et s’apprêtait à acquérir un appartement à Montréal. Une offre d’achat avait déjà été acceptée, mais l’homme regrettait cette décision.

    L’enquête a également révélé plusieurs recherches troublantes effectuées sur Internet dans les semaines précédant le crime.

    Entre le 11 et le 14 janvier 2024, l’accusé s’était notamment renseigné sur les droits successoraux, les prestations versées au conjoint survivant et la possibilité d’hériter des comptes bancaires de son épouse.

    Le 21 janvier, soit cinq jours avant l’assassinat, il avait effectué une recherche sur Google avec cette phrase : « Je ne veux pas m’occuper de mon petit ».

    Selon La Presse, après avoir commis le meurtre, il avait également cherché à connaître la durée des peines d’emprisonnement pour homicide, avant d’appeler les secours.

    La mère de la victime en larmes devant la justice canadienne

    L’audience du 3 novembre s’est déroulée en présence de plusieurs proches de Narjess Ben Yedder, qui avaient fait le déplacement depuis la Tunisie.

    Selon Noovo Info, la mère de la victime a fondu en larmes pendant l’audience, tandis qu’un autre membre de la famille a exprimé son soulagement après la reconnaissance de culpabilité.

    Le juge Marc-André Blanchard s’est personnellement adressé à la famille pour lui témoigner sa compassion.

    « Je partage votre douleur et votre effroi. Vous bénéficiez de toute la compassion de la cour », a-t-il déclaré, selon Noovo Info.

    Le procureur de la Couronne, Me Pierre-Olivier Bolduc, a souligné « l’extrême violence de ce meurtre et la gravité évidente des gestes », pour justifier la sévérité de la peine proposée.

    Le parquet et la défense ont convenu de recommander une peine de prison à perpétuité, sans possibilité de demander une libération conditionnelle avant 22 ans.

    Cette recommandation n’est toutefois pas encore une décision de justice. Le juge doit se prononcer après avoir entendu les observations des avocats. Une nouvelle audience est prévue mardi 10 novembre 2026, au cours de laquelle les proches de Narjess Ben Yedder pourront également prendre la parole.

    En droit canadien, l’expiration de cette période de 22 ans ne signifierait pas une libération automatique, mais seulement la possibilité de présenter une demande de libération conditionnelle.

    R.B.H

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