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Reconstruction du stade d’El Menzah, encore de l’argent jeté par les fenêtres

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Par Maya Bouallégui

    Près de 600 millions de dinars pour reconstruire un stade dans une capitale qui dispose déjà de celui de Radès. À l’heure où les écoles se dégradent, où les hôpitaux manquent de moyens et où les régions attendent leurs équipements sportifs, le choix de reconstruire El Menzah pose une question fondamentale : l’État investit-il selon les besoins du pays ou selon les préférences de son président ?

    Une balafre au cœur de Tunis. Des gradins éventrés, des tribunes réduites à des squelettes de béton, des structures métalliques dénudées et, partout, les stigmates d’un chantier interrompu. Depuis quatre ans, le stade olympique d’El Menzah offre aux riverains le spectacle désolant d’un monument abandonné au milieu de la ville. Là où des générations de Tunisiens ont applaudi leurs équipes, assisté à des compétitions et partagé des moments de fête, il ne reste qu’une immense carcasse de béton.

    Cette balafre devrait bientôt disparaître. Le 29 octobre 2026, l’État tunisien a signé avec un groupement chinois un contrat de reconstruction dont le coût est estimé entre 520 et 600 millions de dinars. Les travaux devraient durer entre trente et trente-six mois. Si les délais sont respectés, El Menzah retrouvera son visage à l’horizon 2029.

    Après tant d’années de délabrement, la perspective de voir disparaître ces ruines ne peut que réjouir. Mais fallait-il vraiment consacrer jusqu’à 600 millions de dinars à la reconstruction de ce stade ? La question n’est pas de savoir si El Menzah mérite de retrouver sa dignité, mais si cet investissement constitue le meilleur emploi possible de ressources publiques aussi limitées.

    Le Grand Tunis possède déjà le stade olympique de Radès, construit pour accueillir les Jeux méditerranéens de 2001. Certes, cet équipement nécessite lui aussi un entretien régulier et des investissements. Mais sa présence soulève une interrogation difficile à éluder : pourquoi concentrer un nouvel investissement sportif majeur dans la même agglomération ?

    À Sfax, deuxième pôle économique du pays, les besoins en infrastructures sportives modernes sont réels. À Ben Guerdane, comme dans d’autres villes de l’intérieur et du Sud, les clubs évoluent dans des conditions qui n’ont rien à voir avec les standards auxquels prétend le futur El Menzah.

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