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Hôpital Roi Salman de Kairouan : la Tunisie et l’Arabie saoudite font le point sur les projets sanitaires

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Par Myriam Ben Zineb

    Neuf ans après les premiers engagements, l’hôpital universitaire Roi Salman Ben Abdelaziz de Kairouan continue de figurer parmi les priorités de la coopération sanitaire entre la Tunisie et l’Arabie saoudite. Longtemps enlisé dans les retards et les annonces sans lendemain, ce projet emblématique est de nouveau au centre des discussions entre les deux pays, alors que plusieurs autres infrastructures hospitalières bénéficient également de financements saoudiens.

    Mardi 3 novembre 2026, le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a reçu l’ambassadeur d’Arabie saoudite en Tunisie, Mohamed ben Abdallah ben Hamad Al-Buraithen. Au cœur des échanges, l’accélération des projets hospitaliers financés avec le concours du Fonds saoudien pour le développement, notamment l’hôpital universitaire de Kairouan et les établissements locaux de Sbiba, dans le gouvernorat de Kasserine, et d’El Jem, dans celui de Mahdia.

    Mais derrière ces discussions sur l’avancement des chantiers se dessine une question récurrente : celle de la capacité à transformer les engagements financiers et les accords bilatéraux en infrastructures effectivement opérationnelles.

    L’hôpital Roi Salman, un chantier devenu symbole des retards

    L’histoire de l’hôpital universitaire de Kairouan illustre à elle seule les difficultés rencontrées dans la concrétisation de certains grands projets publics.

    Prévu dans le cadre d’un accord tuniso-saoudien remontant à 2017, l’établissement devait initialement voir le jour bien plus tôt. Les échéances se sont pourtant succédé sans que le chantier ne prenne véritablement forme. Promis un temps pour 2024, l’hôpital ne devrait finalement accueillir ses premiers patients qu’en 2029, selon les prévisions communiquées en juin dernier par le ministre de la Santé.

    Le projet avait même défrayé la chronique en 2022 avec l’épisode de la « porte au milieu du vide », devenu l’illustration des promesses répétées autour d’un établissement toujours inexistant.

    Après plusieurs années d’attente, un premier contrat de lancement des travaux avait été signé en décembre 2024, avant la signature, le 10 décembre 2025, d’un nouveau contrat portant sur la construction et l’équipement de l’hôpital.

    D’un coût global estimé à 450 millions de dinars, le projet bénéficie notamment d’un don saoudien de 85 millions de dollars, accordé par l’intermédiaire du Fonds saoudien pour le développement. Sa réalisation a été confiée à un groupement d’entreprises tunisienne et saoudienne.

    L’établissement doit disposer de 500 lits, de seize blocs opératoires et de plusieurs spécialités médicales, sur une superficie couverte de près de 70.000 m². Une infrastructure majeure pour Kairouan et les régions environnantes, où l’amélioration de l’accès aux soins spécialisés constitue un enjeu important.

    Lors d’une visite effectuée sur le chantier le 5 août 2026, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, avait assuré que les travaux progressaient désormais à un rythme soutenu. Les entreprises chargées de la réalisation s’étaient engagées à réduire de plusieurs mois les délais contractuels, initialement fixés à trois ans.

    Trois mois plus tard, la question de l’accélération du chantier demeure donc à l’ordre du jour. Aucune nouvelle échéance précise n’a toutefois été communiquée à l’issue de la rencontre de mardi.

    Sbiba, El Jem et Charles-Nicolle : d’autres projets attendus

    La coopération sanitaire tuniso-saoudienne ne se limite pas à Kairouan.

    Deux autres projets concernent les hôpitaux locaux de Sbiba et d’El Jem, destinés à renforcer l’offre de soins dans des régions où les besoins en infrastructures sanitaires restent importants.

    Les contrats de réalisation de ces deux établissements ont été signés le 10 janvier 2025, avec un délai de construction annoncé de vingt mois. Si les travaux devaient initialement démarrer dans les jours suivant la signature, la pose de la première pierre de l’hôpital de Sbiba n’est intervenue que le 25 avril 2025.

    Près de vingt-deux mois après la signature des contrats, les autorités évoquent toujours la nécessité d’accélérer l’achèvement des deux projets, sans communiquer de calendrier actualisé.

    Un autre projet devrait, en revanche, connaître une concrétisation imminente. Le centre de néphrologie de l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis, rénové en partenariat avec le Centre Roi Salman pour le secours et l’action humanitaire, doit être inauguré le 16 novembre 2026.

    Plusieurs initiatives médicales bénévoles sont également envisagées, notamment la pose d’implants cochléaires et la rééducation auditive des enfants dans le cadre du programme « Saudi Sama’a », ainsi que des greffes de cornée, des interventions de cathétérisme cardiaque pédiatrique, des actes de chirurgie vasculaire et des prestations d’hémodialyse. Des actions de formation du personnel médical sont également prévues.

    Enfin, la coopération pourrait s’étendre davantage à la santé numérique. L’ambassadeur saoudien a visité l’hôpital numérique du ministère de la Santé, dans la perspective d’échanges d’expertise avec les structures saoudiennes spécialisées.

    Si ces projets témoignent de la diversité des partenariats sanitaires entre Tunis et Riyad, leur portée dépendra avant tout de leur concrétisation. À Kairouan notamment, après presque une décennie d’attente, l’enjeu n’est plus tant d’annoncer l’accélération des travaux que de tenir, enfin, un calendrier de livraison.

    M.B.Z

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