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Six marins tunisiens disparus depuis février : neuf mois d’angoisse

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Par Nadya Jennene

    Neuf mois de silence. Neuf mois à scruter le moindre signe, à attendre un appel qui ne vient pas, à chercher une explication là où ne subsistent que des interrogations. Depuis le 24 février 2026, six familles tunisiennes vivent au rythme d’une absence devenue insoutenable. Leurs proches ont pris la mer pour une opération de pêche au large de Bouhajla, près de Pantelleria, dans des eaux profondes. Ils ne sont jamais revenus.

    Invitée jeudi 5 novembre 2026 sur Jawhara FM, la sœur de l’un des marins disparus a retracé les circonstances de cette mystérieuse disparition. Selon son témoignage, les six hommes avaient embarqué pour une sortie de pêche ciblant notamment une espèce désignée par les pêcheurs sous le nom de « douda » (la mostelle de fond, ndlr), dans une zone maritime située au large des côtes tunisiennes.

    Dès les premiers jours, les recherches ont été engagées. Les unités de secours tunisiennes sont intervenues, sans parvenir à retrouver les marins ni à localiser leur embarcation. Les investigations se sont poursuivies, mais chaque opération s’est achevée sur le même constat : aucune trace des six hommes.

    Le 3 avril, une nouvelle opération a notamment mobilisé un navire militaire équipé de moyens de recherche sous-marins. Les investigations ont également porté sur le point considéré comme celui du naufrage présumé. Là encore, aucun indice probant n’a été découvert. Ni épave, ni corps, ni élément permettant de reconstituer ce qui aurait pu se produire en mer.

    Pour les familles, l’absence de preuves ne fait qu’épaissir le mystère. Car si l’hypothèse d’un accident maritime a été évoquée dès les premières heures, elle ne suffit pas à expliquer ce qui est arrivé aux six hommes.

    La sœur du marin a notamment rapporté les échanges avec les autorités régionales, auxquelles les familles ont fait part de leurs inquiétudes. Une déclaration du ministre de la Défense, évoquant la position de l’embarcation au-delà des eaux territoriales tunisiennes, aurait particulièrement retenu leur attention.

    Selon les éléments rapportés par l’intervenante, le bateau se trouvait à environ 40 milles nautiques des côtes, soit au-delà de la limite des eaux territoriales. Une donnée qui, aux yeux des proches, rend indispensable l’élargissement des recherches au-delà du périmètre initialement exploré.

    Les familles refusent ainsi de limiter leurs démarches aux seules autorités tunisiennes. Elles demandent que les pays de la région, et notamment l’Italie, soient sollicités afin de vérifier si les six marins n’auraient pas été repérés, secourus ou éventuellement retenus à l’étranger.

    Car une autre hypothèse, aussi douloureuse que troublante, continue de les habiter : celle d’une éventuelle détention. La sœur du disparu n’exclut pas que les marins aient pu être interceptés ou se trouver dans un lieu où ils seraient privés de liberté, sans possibilité de contacter leurs proches.

    Une piste qui, à ce stade, ne repose sur aucun élément confirmé, mais que les familles refusent d’écarter tant que le sort des six hommes n’aura pas été éclairci.

    Derrière cette disparition collective, il y a aussi des vies brutalement mises entre parenthèses. Parmi les six marins, certains sont pères de famille. Le frère de l’intervenante est marié et père d’enfants. Le patron de l’embarcation est également marié, tandis que trois autres membres de l’équipage seraient célibataires. Un autre marin est, lui aussi, père de trois filles.

    Autant de foyers qui vivent depuis des mois dans l’incertitude, sans pouvoir faire leur deuil, mais sans disposer non plus de la moindre certitude leur permettant d’espérer sereinement un retour.

    « Nous ne sommes pas restés les bras croisés », a tenu à souligner la sœur du disparu, évoquant les démarches répétées entreprises par les familles et leurs déplacements auprès des responsables concernés. Leur mobilisation se poursuit, malgré l’épuisement et l’absence de résultats.

    Leur revendication est désormais claire : obtenir des informations. La sœur du disparu interpelle directement le président de la République, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, ainsi que l’ensemble des autorités susceptibles de faire avancer le dossier. Elle réclament une coordination avec les pays voisins et une vérification de toutes les pistes susceptibles de conduire aux six disparus.

    Car, pour ces familles, le silence est devenu une seconde épreuve, presque aussi insupportable que la disparition elle-même.

    Sur les ondes de Jawhara FM, la sœur du marin a lancé un appel qui résume à lui seul leur combat : qu’on leur donne des nouvelles, qu’on leur dise ce qui est arrivé à leurs proches, qu’on ne les laisse pas dans cette attente interminable.

    N.J

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