La planification économique ne saurait se limiter à l’élaboration de programmes et à l’inscription de projets sur le papier. Encore faut-il réunir les ressources nécessaires à leur réalisation et garantir leur concrétisation dans les délais annoncés. C’est autour de cet enjeu que s’est articulée l’intervention du député Mohamed Salah Salemi, sur Express FM, jeudi 5 novembre 2026, à l’occasion de l’examen de la mission du ministère de l’Économie et de la Planification au titre du budget de 2027.
L’élu a rappelé, au micro de Walid Ben Rhouma, que l’action du département reposait sur trois orientations fondamentales : stimuler l’investissement national et étranger, promouvoir une plus grande équité territoriale en orientant les projets vers les régions intérieures et diversifier les sources de financement de l’économie. Trois objectifs qui doivent converger vers une même ambition : mobiliser les richesses du pays et créer un environnement propice à l’investissement.
Le député a notamment salué l’orientation défendue par le ministre en faveur d’une planification stratégique qui dépasse les horizons budgétaires annuels et les cycles de programmation à court terme. Il a ainsi évoqué une approche articulée autour de trois temporalités complémentaires : le long terme, pour préparer et programmer les grands projets structurants ; le moyen terme, pour impulser l’investissement ; et le court terme, pour accélérer le développement et favoriser l’implantation de projets dans les régions intérieures.
Mais cette vision stratégique ne pourra produire ses effets sans une véritable politique de mobilisation des ressources. Pour Mohamed Salah Salemi, la planification repose précisément sur deux piliers indissociables : la programmation des projets et la recherche des financements nécessaires à leur réalisation. L’enjeu est notamment de réduire le recours à l’endettement extérieur en exploitant davantage les ressources propres du pays.
À ce titre, il a cité plusieurs richesses nationales dont le potentiel demeure, selon lui, insuffisamment valorisé : les terres domaniales, l’huile d’olive, les dattes et les phosphates. Autant de ressources qui pourraient contribuer à renforcer les recettes de l’État et à dégager de nouvelles capacités de financement. Le député a également insisté sur la nécessité d’encourager l’investissement privé, national et étranger, à travers un environnement économique suffisamment stable et attractif pour rassurer les opérateurs et favoriser l’afflux de capitaux.
Cette question du financement prend tout son sens au regard des grands projets inscrits dans le Plan de développement 2026-2030. Interrogé sur leur état d’avancement, le député a rappelé que plusieurs projets structurants avaient été conçus avant même l’élaboration de ce plan, pour ensuite y être intégrés. Il a notamment cité l’autoroute Tunis-Jelma, le pont de Bizerte, le projet de Taparura et le port en eau profonde d’Enfidha.
Selon lui, ces projets sont aujourd’hui à différents stades d’avancement, certains étant déjà engagés et en cours de réalisation. L’objectif affiché est de voir l’ensemble de ces grands chantiers lancés à l’horizon 2030. Une échéance qui suppose toutefois de maintenir les efforts de financement et d’accélérer les procédures nécessaires à leur exécution.
Le député a également évoqué la diversité des mécanismes mobilisés pour financer les projets de développement dans les régions. Ceux-ci reposent sur plusieurs sources, allant des ressources nationales aux prêts, en passant par les financements sous forme de dons. Une diversité qui traduit, selon lui, la nécessité d’adapter les montages financiers à la nature et à l’envergure des projets.
La situation du secteur phosphatier a également occupé une place importante dans son intervention. Mohamed Salah Salemi a rappelé que l’Assemblée avait voté un emprunt destiné à financer l’aménagement des digues de lavage du phosphate, une opération qu’il considère comme nécessaire à la restructuration de cette activité stratégique.
Pour le député, l’État ne peut se permettre de laisser davantage se dégrader les capacités productives du bassin minier. Il a estimé impératif de redonner à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) le niveau de production et le rôle économique qui étaient les siens en 2010. Cette remise à niveau passe notamment par la modernisation des infrastructures et la réhabilitation des équipements indispensables à la chaîne de production.
Au-delà des annonces et des orientations inscrites dans les documents de planification, le véritable enjeu reste donc celui de l’exécution. Entre les projets programmés, les financements mobilisés et les réalisations effectives, le passage à l’acte demeure le principal test de crédibilité du Plan de développement 2026-2030. Pour Mohamed Salah Salemi, il s’agit désormais de sortir d’une logique de programmation pour entrer dans celle des réalisations, en faisant des richesses nationales un véritable levier de développement et de financement de l’économie.
N.J










