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Des mégas à la pelle

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    Par Nizar BAHLOUL

    Enfin ! La Tunisie a droit à son internet deux mégas. On est toujours dans le moyen débit (bien que tout le monde parle de haut débit), mais c’est toujours ça de gagné. Désormais, on pourra voir sur nos affiches publicitaires nos FSI commercialisant du « deux mégas ». Quant à obtenir réellement ces deux mégas comme l’affirme la publicité, il va falloir attendre un petit peu. On ne pourra les espérer dans notre ordinateur, que le jour où nos FSI commercialisent des 5 ou 8 mégas. Pour l’instant, il va falloir patienter : vous achetez du « deux mégas » et on vous accorde, au gré des jours et des connexions simultanées de votre quartier, la moitié si vous êtes chanceux. On ne peut faire autrement, parait-il, puisque l’ADSL se vend ainsi : en partage. Pour le cas présent, vous n’obtiendrez le « deux mégas » que lorsque tout le voisinage a l’ordinateur éteint, que le quartier est en fibre optique, que les installations de l’opérateur sont totalement neuves tout comme votre propre équipement. Si ces conditions ne sont pas toutes réunies, vous n’aurez que des doux mégas.
    Je n’épingle ni les FSI, ni Tunisie Telecom en réabordant ce problème. Je ne fais que constater le nouvel ordre des choses. On vous affiche un produit et un prix et quand vous allez l’acheter, vous constatez que la pub prétend beaucoup plus que le produit (ou le service) que vous avez acheté.
    Ce n’est pas nouveau.
    Il y avait l’illimité qui a des limites (une spécialité de notre opérateur GSM égypto-koweïto-qatari), où l’on vous proposait au prix fort une connexion illimitée à hauteur de X mégas. Le X en question ne suffira même pas à télécharger un épisode de Prison Break. Mais puisqu’on vous dit que c’est de l’illimité, prenez-le tel quel, payez et cessez de rouspéter. Il y a aussi le SMS à la pelle (elle est belle la pelle et notamment celle qui la porte), mais il se trouve qu’entre la pelle que nous montre la pub de l’opérateur GSM privé et celle qu’on nous sert, il y a de la marge. Une belle marge. Quand on vous dit des SMS à la pelle, prenez la phrase au premier degré et pensez à la pelle de votre enfance lorsque vous jouiez au bord de la plage avec du sable. Ainsi, et seulement ainsi, vous ne risquez pas d’être déçu par les dessous cachés de l’offre (qu’on écrit toujours en petits caractères invisibles à l’œil nu pour les 35 ans et plus).
    Autant de publicités qui me rappellent cette blague où un responsable marketing se présentant, au jugement dernier, devant le bon Dieu. Celui-ci lui propose le choix entre l’enfer et ses châtiments et le paradis et ses houris. Le quidam choisit le paradis, mais se trouva en enfer. Quand il interrogea le bon Dieu pourquoi il s’est retrouvé là, alors qu’il a opté pour le paradis, le bon Dieu lui répondit : c’était de la pub !
    Tout cela n’est pas spécifique à la Tunisie et ce genre de pratiques se trouve partout. On ne fait que s’inspirer de ce que font les autres ou de ce que nous impose la technologie (cas de l’ADSL). Nos FSI, notre opérateur historique ou notre opérateur post historique ne font donc qu’importer des coutumes d’ailleurs.
    Il va donc falloir changer ses connaissances et enrichir son savoir. Quand on vous dit illimité, pensez qu’il y a un plafond. Quand on vous dit deux mégas, pensez que c’est un débit théorique à partager avec le voisinage. Quand on vous dit forfait, pensez qu’il n’est valable que le soir quand vous dormez. Quand on vous dit bonus, pensez qu’il n’est utilisable que pour les lignes dont le premier numéro est identique au vôtre. Quand on vous dit tel abonnement est à 10 dinars, pensez-le en hors taxes et sans frais annexes. Quand on vous dit d’énormes cadeaux à gagner, pensez à l’énormité de la publicité elle-même.
    Ne pensez surtout pas qu’on vous trompe, ne vous fatiguez pas à aller voir l’ODC ou l’INT, ne criez pas au scandale, prenez le bon côté des choses et dites-vous que tout cela n’est qu’une taxe de la modernité. Au moins, maintenant, quand on voit une pub dans une télé étrangère, on ne se dit plus « ah les chanceux ! » et on sait désormais qu’ils sont des XXXXXXX (je me suis censuré le terme dindons) comme nous !

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