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Y aura-t-il vraiment de la place pour les Tunisiens ?

Les principales villes de la Tunisie connaissent, depuis le 1er juin, une campagne d’affichage nationale renforcée par des spots publicitaires. Placée sous le signe de : « Sayef Fi Bldek (passez des vacances dans votre pays) : Réservez à l’avance et soyez tranquille », la campagne lancée par la Centrale Tunisienne de Réservation Hôtelière (CTRH), avec le soutien de l’ONTT tend à inciter les Tunisiens à réserver tôt, pour leurs séjours dans les unités hôtelières.
On estime cependant, comme nous le font remarquer des professionnels, que le choix du timing de la campagne est un peu tardif. Si on veut enraciner la culture de la « réservation précoce », il aurait fallu y penser plus tôt. Au mois de juin, tout -ou presque- est bouclé pour les hôteliers, concernant la saison estivale et ce depuis un bon bout de temps.


Lancée en 2006, sur une initiative de la Fédération Tunisienne des Agences de Voyage (FTAV), avec la collaboration technique du réseau « Amadeus », la Centrale Tunisienne de Réservation Hôtelière (CTRH) avait pour finalité de promouvoir le tourisme intérieur. Son démarrage tardif (en pleine saison) a été néanmoins à l’origine de résultats très peu probants pour ses deux premières années.
Les initiateurs ne se découragent pas pour autant. Ils viennent ainsi de lancer depuis le 1er juin, une grande campagne d’affichage nationale doublée de spots publicitaires, pour inciter les Tunisiens à réserver dès à présent pour leurs vacances estivales 2008.
En d’autres termes, les Tunisiens disposent de 30 jours pour programmer leurs vacances estivales au sein des multiples unités hôtelières du pays. Passé ce délai, trouver une chambre libre relèverait a priori du miracle, ce qui ne contribue sûrement pas au développement de ce segment pourtant porteur du tourisme national.

En tout état de cause, l’administration de tutelle semble profondément consciente de l’impératif de promouvoir le tourisme intérieur. Il s’agit au fait d’un segment considérable qui pourrait être une bouée de sauvetage pour le secteur, en cas de crise conjoncturelle. Et on sait tous que le tourisme dépend fortement de conditions conjoncturelles. A ce titre, on rappellera que le touriste tunisien a été pour beaucoup dans le maintien des unités hôtelières, au cours des années de vaches maigres du tourisme, suite à une conjoncture internationale difficile. Néanmoins, dès que le secteur s’est rétabli et a commencé à renouer avec son taux de croissance habituel, tout est rentré dans l’ordre.
Mais du côté de certains professionnels, notamment les agences de voyage et le ministère du Tourisme, on a constaté un acharnement dont la finalité est d’améliorer les scores du tourisme intérieur dans les scores généraux du secteur et de permettre aux Tunisiens de passer des vacances dans leur pays, touristique par excellence, en le faisant profiter de toute l’infrastructure disponible.
Du côté de l’administration, on constatera qu’une direction chargée du tourisme arabe et intérieur a été mise sur pied. Une structure qui s’occupe, entre autres, de réaliser des études et de réfléchir aux moyens de promouvoir le tourisme intérieur en assurant la mise en place de programmes adaptés aux besoins du touriste tunisien, la disponibilité d’appart-hôtels, le développement du produit touristique et de loisirs et, surtout, des offres à des prix raisonnables en conformité avec le budget du citoyen.
Or, tout cela est réalisable sauf la question des prix, toujours élevés aux yeux des Tunisiens, notamment en haute saison et ce en comparaison avec les forfaits proposés par les agences de voyages étrangères pour les Européens.

D’où l’idée de lancer la CTRH avec pour objectif d’enraciner une nouvelle culture chez les Tunisiens : la réservation longtemps à l’avance, tout comme le font les étrangers auprès de leur Tours Opérateurs (TO). Une procédure qui permettrait aux Tunisiens d’abord, de trouver des lits en pleine saison, et de payer ensuite moins cher le séjour.
La structure a cependant rencontré quelques difficultés aussi bien pour séduire et drainer les Tunisiens, que pour intéresser les hôteliers et les faire adhérer au système. Sans oublier que les prix proposés n’étaient pas vraiment à la hauteur des attentes des familles. En dépit de tous les efforts, les Tunisiens continuaient à payer leur séjour plus cher que l’Européen. C’est donc le secteur informel (location, squat chez un membre de la famille ou des amis) qui en a recueilli les avantages.
Et si la campagne de sensibilisation grand public est effectuée au mois de juin, presqu’à la veille de la haute saison, on se demande bien comment la culture des réservations à l’avance pourrait être enracinée ? D’autant plus que les hôteliers concluent assez tôt leur contrat d’allotement avec les TO, et il ne reste presque plus de chambres libres au mois de juin.
Est-ce que le fait de laisser cinq chambres en moyenne par unité adhérente à la Centrale est suffisant pour répondre à la demande des Tunisiens, de plus en plus nombreux à vouloir passer des séjours hôteliers ?

L’année dernière, la CTRH n’a pas réalisé les objectifs qu’elle s’était fixée vu que l’adhésion des hôteliers n’a pas été très importante. Espérons donc que ce ne sera pas le cas cette année et que les chefs des établissements hôteliers soient plus coopératifs. Une coopération qui serait bénéfique pour tous, aussi bien les professionnels du tourisme que les touristes tunisiens.
Des touristes dont le nombre n’a pas cessé d’augmenter depuis 2002, année difficile pour le tourisme tunisien. En effet, si le nombre des nuits passées à l’hôtel pour les Tunisiens a sensiblement chuté, entre 2001 et 2002, passant de 35.000 à un peu plus de 28.500, elles n’ont plus chuté depuis, allant toujours de l’avant.
Elles ont ainsi passé à plus de 33.000 en 2004 ; à plus de 36.000 en 2005 ; et elles se sont situées autour de 37.360 en 2007.
Aussi, la part du tourisme intérieur a été de 7,5% des nuitées globales, ce qui est très loin des objectifs fixés : atteindre les 15%. Le lancement de la Centrale n’a donc pas réellement contribué à l’amélioration des chiffres du tourisme intérieur, du moins en ce qui concerne les deux premières années. Il en sera vraisemblablement de même pour l’année 2008 au vu du retard enregistré pour le lancement de la campagne. Idem pour la formule du chèque tourisme, entrée en vigueur en juin 2007.

Pour la saison estivale 2008, parce que désormais c’est la saison où l’on parle le plus du tourisme intérieur, les deux structures combinées pourraient apporter quelque chose aux Tunisiens. Il suffit pour cela d’en informer le public. La Centrale a ainsi entamé sa campagne grand public, moyennant 36 panneaux d’affichage dans les villes de Sfax, Hammamet, Nabeul, Gabes, le Grand Tunis… Une campagne d’affichage qui s’ajoute à des spots publicitaires à la télévision.
Pour ce qui est du chèque tourisme, il faut savoir qu’il ressemble au chèque restaurant dans le principe et qu’il acheté par les entreprises publiques et privées au profit de leurs employés. Les personnes physiques ont également le droit de s’en procurer avec, en prime, la possibilité d’accéder à un crédit bancaire.
D’une valeur déterminée, le chèque tourisme permet à son titulaire de payer ses vacances auprès des hôtels et autres structures touristiques, en partenariat avec la Société THT, créée et mise en place par Lazhar Dhifi, qui dans un article publié dans un journal de la place a déclaré que le chèque tourisme connaîtra en 2008 un envol certain.
La société a fait en sorte d’allonger la liste des hôtels conventionnés dont le nombre est désormais de 48 unités hôtelières à accepter ce genre de règlement, soit dix de plus que l’année dernière.
Autres nouveautés pour 2008, le chèque tourisme peut servir de mode de règlement auprès de certaines agences de voyage, pour les voyages qu’elles organiseraient.
Enfin, la dernière nouveauté concerne le taux d’intérêt qui a été fixé à 1,5%, en accord avec les institutions financières conventionnées avec la société, à l’instar de la Banque de l’Habitat.
A la lumière d’une évaluation de l’expérience du chèque tourisme au cours de l’année 2007, on a noté que la première destination des Tunisiens c’est la ville de Hammamet, suivie de Sousse, Monastir, Tabarka et Mahdia. Par contre pour Djerba, et bien qu’elle soit très prisée, le déplacement constitue un grand frein. D’où l’idée de réfléchir sur la possibilité de mettre en place une formule intégrée de chèque vacances, qui comprend également le déplacement par avion.

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