Par Nizar BAHLOUL
C’est un monument, c’est une référence. Il s’appelle Youssef Chahine et il est mort, hier au Caire, à l’âge de 82 ans. C’était l’enfant terrible du cinéma égyptien. Du cinéma arabe. Du cinéma tout court.
Il a toujours prôné l’ouverture vers l’autre, il a toujours promu la paix, une certaine paix, la paix qui ne se fait qu’avec l’ennemi. Il a crié sur tous les toits qu’il faut faire l’amour et non la guerre. Mais dans nos contrées, et sur nos écrans, seule la guerre est autorisée. Malgré sa grande fascination pour l’Amérique, il n’a pas manqué de dénoncer la politique étrangère des Bushistes.
Avec sa vision, il a réussi à se mettre à dos le pouvoir de son pays et les intégristes de tous les pays.
Tout au long de sa vie, il n’est resté fidèle qu’à sa vision, n’obéissant qu’à ses références. C’est une référence qui disparait sans vraiment laisser d’héritiers. En sera-t-il autant de ses références ?
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Dans l’actualité des journaux occidentaux, d’il y a quelques jours, on lit qu’Israël a rendu les corps de plusieurs terroristes arabes et libéré plusieurs prisonniers.
Dans l’actualité des journaux arabes de la même période, on lit que les corps de plusieurs héros et martyrs ont été rendus à leurs familles par Israël.
Il s’agit des mêmes personnes qu’on qualifie de héros ici et de terroristes là. La vérité doit se trouver quelque part entre les deux.
Parmi les corps remis, ceux de huit Tunisiens. La presse tunisienne en parle et elle nous parle de martyrs et de héros. La jeunesse tunisienne et ses adolescents lisent et ils lisent martyrs et héros.
De nos jours, pour devenir un héros dans certains de nos journaux, il ne s’agit pas de réaliser des films, d’écrire des livres ou d’effectuer des découvertes, il suffit d’aller se faire exploser quelque part en Irak, en Afghanistan ou au Liban. Drôle de références et d’héroïsme qu’on promet à nos jeunes. Ce n’est pas drôle. Notre jeunesse a besoin de bonnes références et mérite de meilleures références que cela.
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Les États-Unis représentent pour tout économiste le chantre du libéralisme, de l’économie ouverte, de l’économie de marché, de la libre concurrence et du non-interventionnisme.
Cette Amérique connait depuis un an une vraie crise. La crise des subprimes.
Parce qu’ils se sont montrés insolvables, des milliers d’Américains ont vu leur logement saisi par les banques. Pour les sauver, le Congrès a décidé de réagir en votant une loi de sauvetage des logements. Il autorisera les propriétaires ne pouvant plus faire face à leurs créances de refinancer leur emprunt grâce à un prêt plus abordable soutenu par le gouvernement US.
Les millions d’économistes qui prenaient les Etats-Unis comme référence pour promouvoir les théories du libéralisme, devront déchanter. Leur référence a du plomb dans l’aile.










