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Ridha Touiti : sa stratégie face à la crise

L’impact négatif de la crise en 2008 a été limité, mais la visibilité en 2009 fait défaut. Nul ne peut prédire le degré ou la fin de cette crise mais tout est entrepris pour que l’approvisionnement et les prix en Tunisie ne subissent pas les incidences négatives de cette crise. C’est, en substance, le message livré par Ridha Touiti, ministre du Commerce et de l’Artisanat, au cours de la conférence de presse organisée mercredi 21 janvier 2009 à l’ATCE.

C’est la crise. Il n’y a peut-être pas mieux que le ministre du Commerce pour en parler avec toutes les précisions vu que c’est son département qui doit l’affronter au quotidien afin que le marché tunisien ne connaisse ni pénuries, ni augmentations vertigineuses des prix. C’est effectivement ce qu’a fait Ridha Touiti qui, à force de détails, a vu sa conférence de presse durer un peu plus longtemps que d’habitude.
Le ministre a démarré sa conférence en rappelant la conjoncture internationale de l’année 2008 dont la fin a été marquée par la crise financière, la crise de liquidité et de confiance. En bref, la croissance internationale est en berne. L’impact négatif sur la Tunisie et ses échanges commerciaux est certain. N’empêche, la Tunisie, grâce à une politique prévoyante, a réussi à limiter la casse. Au niveau du département du Commerce, on a toujours constitué des stocks régulateurs pour les différents besoins (fer, lait, semoules, aliments, huiles…) pour deux à trois mois de consommation nationale au minimum, indique le ministre.

En matière de prix, et en dépit de l’augmentation vertigineuse des prix à l’international, l’inflation a été limitée à 4,1% en Tunisie en 2008, contre 5,7% en 2007. L’objectif est de la faire descendre à 3,5% cette année et, d’ores et déjà, on s’attend à ce qu’elle soit de 4% à la fin de ce mois.
Pour ce qui est des exports, ils ont connu une croissance de 20,2% (hors énergie) contre une croissance de 18,1% pour les importations. La meilleure amélioration a été constatée dans le phosphate (+133,7%) et l’énergie (+30%). En dehors de ces deux secteurs, elle a concerné le secteur de la mécanique et l’électricité qui a réussi à enregistrer une croissance de 18,3%. N’eut été la crise de l’industrie automobile en Europe à la fin de l’année, ce secteur aurait dépassé les 20% de croissance en 2008.
S’agissant des marchés, la part du lion est revenue au marché européen avec qui nous réalisons le principal de nos échanges. La balance commerciale est presqu’équilibrée avec les 27 (98,4%, en hausse de 11,6%). Autres marchés en hausse et qui verront davantage d’intérêt de la part du département du commerce, celui de l’UMA (+22,1%, mais il constitue uniquement 11% de nos exportations) et l’Afrique subsaharienne (+36,6%). Un bureau de représentation sera bientôt ouvert en Afrique de l’Ouest pour booster ce marché. Ce sera également le cas pour la Russie (chez qui nous importons pour un milliard de dollars sans rien exporter en retour) et l’Europe de l’Est.

Concernant le programme de l’année 2009, Ridha Touiti a longuement expliqué l’impact des décisions du conseil ministériel du 23 décembre. En dépit d’une conjoncture internationale morose et d’un manque de visibilité, la stratégie de l’Etat est claire, indique le ministre.
En termes d’objectifs, la Tunisie ambitionne d’améliorer ses exportations de 8,7% et ses importations de 8,9%. L’inflation devrait être limitée à 3,5% et les dépenses de compensation ne devraient pas dépasser les 800 MD (contre un milliard de dinars en 2008).
Pour ce faire, il s’agit d’appliquer les décisions du conseil ministériel et d’assister les sociétés exportatrices, de soutenir la compétitivité, d’améliorer l’environnement de l’entreprise et le climat des affaires. Le ministre citera, à ce propos, le classement de la Tunisie dans le rapport Doing Business pour le climat des affaires. Dans ce classement comprenant 181 pays, la Tunisie est passée du 81ème rang en 2007 au 73ème rang en 2008.

Sur le court terme, le ministre a longuement expliqué les programmes Famex II et Famex III. Pour le Famex II, 200 entreprises supplémentaires bénéficieront d’un financement de 10 millions de dinars en 2009. D’ores et déjà, une cinquantaine d’entreprises ont déposé leurs demandes pour bénéficier de ce programme. Il sera également question de traiter l’ensemble des dossiers en suspens (2100) et ce avant la mi-février.
Les interventions du fonds de soutien à l’exportation seront par ailleurs élargies et les entreprises exportatrices verront le budget de ce fonds passer de 16 à 19 millions de dinars. Un programme est par ailleurs établi entre le CEPEX et les chambres de commerce.

Dans sa stratégie, Ridha Touiti a également cité l’intervention des missions diplomatiques tunisiennes qui auront des ressources supplémentaires pour multiplier les opérations commerciales et de marketing des produits tunisiens. Des fonds seront réservés par ailleurs au secteur des services et de l’industrie textile.
Conscient de l’importance des salons et des foires pour la promotion des exportations, le ministre a indiqué que le budget alloué à ce type de manifestations sera augmenté de 2,5 millions de dinars qui serviront à participer à plus de 50 salons, soit 20 salons de plus. Autre décision : créer des représentations commerciales dans de nouveaux pays où l’on a des chances d’exporter nos produits.

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