La crise économique mondiale brasse large. La récession s’installe dans les pays occidentaux. Indéniablement, tous les secteurs sont touchés, notamment l’hôtellerie et les professions qui en dépendent, tours opérateurs, transporteurs, voyagistes, artisanat…
Cela dit, les professionnels ne s’avouent pas vaincus et ne lésinent pas sur les moyens pour décrocher des offres dans des créneaux encore porteurs dont le tourisme d’affaires. Ils diversifient leurs méthodes de travail et visent de nouveaux marchés. Pour ce faire, des professionnels du secteur ont participé la semaine dernière, au Salon du Bedouk, dédié au tourisme d’affaires et de l’événementiel à Paris Expo, Porte de Versailles. Les acteurs du domaine tentent de s’ouvrir des portes jusque là fermés par plus d’un obstacle. Sont-ils bien outillés pour séduire les clients étrangers ?
Sévèrement touchés par la crise économique, les touristes européens ont pour le moment d’autres priorités que de passer des vacances à l’étranger. Leur pouvoir d’achat est en nette régression sans oublier l’évolution du taux du chômage technique ou partiel…
Cette situation se répercute directement sur le tourisme tunisien, sa clientèle traditionnelle étant composée essentiellement d’Européens. Par conséquent, les professionnels tentent de diversifier leurs prestations et de cibler des créneaux porteurs. Il s’agit bel et bien du tourisme d’affaires qui n’a pas encore réalisé un saut considérable chez nous.
Dans ce contexte, un groupe d’hôteliers tunisiens a participé la semaine dernière au Salon Bedouk à Paris, une manifestation consacrée au tourisme d’affaires et de l’événementiel.
Ce rendez-vous annuel offre des opportunités pour les acteurs du domaine afin d’attirer une clientèle exigeante, mais qui voyage beaucoup. La tâche est pour le moins difficile. Nos professionnels doivent savoir gérer les conséquences de la crise économique. Car cette dernière aura, tout au long de 2009, « un impact sur les voyages d’affaires et l’organisation des séminaires », confirme Olivier Mouchet, directeur du bureau HRS France, spécialisé en réservation en ligne. Il ajoute dans ce cadre que les hommes d’affaires seront plus prudents qu’auparavant. Ils vont couper court avec les dépenses supplémentaires et feront attention aux factures. Les notes ne devront en aucun cas être salées. « Ils vont notamment opter pour des mesures conservatoires comme le passage obligatoire en seconde classe pour le train ou en classe économique en avion ».
Le spécialiste ajoute que les entreprises vont s’engager « dans une politique de chasse aux dépenses non stratégiques tout en conservant les budgets nécessaires et obligatoires à leur développement économique ».
C’est ce qui explique que la mission de nos hôteliers sera très difficile. A cela s’ajoute la concurrence des autres professionnels étrangers, sachant que 600 exposants prennent part à cette importante manifestation. Une tâche beaucoup plus délicate, car les bureaux d’études spécialisés dans le domaine ont démontré que l’impact de la crise sur le tourisme d’affaires pour l’an 2009 n’est pas négligeable.
En effet, plus de la moitié des entreprises interrogées par le cabinet Coach Omnium ont déclaré qu’elles sont touchées par la récession économique – ce qui constitue une mauvaise nouvelle pour les Tunisiens – puisque 67 % d’entre elles comptent diminuer leurs dépenses de manifestations. Elles envisagent en fait de revoir la gamme des hôtels pour passer aux 3 étoiles contre les 4 étoiles.
Nos professionnels seront-ils capables de prouver leur compétence et user de leur savoir-faire dans le domaine ? Si quelques-uns ont réussi cette mission, il dépend de la volonté des autres de faire preuve d’innovation et de créativité. Pour relever ce défi de taille et sauver leur saison, l’impératif consiste à améliorer leurs méthodes de travail, en établissant des stratégies de marketing et en adoptant des moyens de communication plus performants.
L’offre doit être diversifiée en termes de prestations sans oublier la qualité des services. De plus, l’infrastructure de base est supposée répondre aux exigences des clients. Il importe de mobiliser tous les moyens pour tirer profit de ce créneau porteur, toujours en développement malgré la récession.
D’ailleurs, le bureau d’études a prouvé que le tourisme d’affaires a, d’une manière générale, enregistré une évolution de 1,4 % l’année écoulée.
En contre partie, le rythme des dépenses n’a pas été du même niveau. C’est lors du dernier trimestre que ce problème a été constaté le plus et ce à cause de report et d’annulation de programmes. «La baisse est liée à des reports et ajournements de projets dus à la crise financière et à l’augmentation du prix du pétrole ainsi qu’à une pression accrue sur les prix et une diminution des budgets moyens ».
Le tourisme d’affaires se présente ainsi une opportunité offerte aux acteurs du domaine. Il importe toutefois de gérer ce créneau de manière rationnelle et de faire en sorte qu’il devienne l’un des dynamos du secteur à l’instar de la thalassothérapie, du tourisme de santé, du tourisme culturel, du tourisme saharien, du tourisme du troisième âge, du tourisme de loisirs… Les professionnels sont tenus de concevoir également des approches d’accueil et programmer des plans de travail à long terme pour préserver ce créneau ; le renforcer et l’étendre.
Ils ne doivent en aucun cas tomber dans le piège du bradage des prix. Ils savent mieux que d’autres que ce recours a des répercussions négatives sur le tourisme dans sa globalité. C’est d’ailleurs l’un des problèmes fondamentaux qui porte actuellement préjudice aux hôteliers eux-mêmes. Le ministère de tutelle multiplie les initiatives pour accompagner les professionnels, essentiellement ceux qui manquent d’expérience.
Tourisme d’affaires : comment les hôteliers tunisiens doivent s’adapter à la crise ?

Subscribe to Our Newsletter
Keep in touch with our news & offers









