A l’issue de la clôture du la clôture du Forum économique Tuniso-Français, organisé, vendredi 24 avril 2009, par l’UTICA en collaboration avec le MEDEF, au siège du patronat tunisien, François Fillon, Premier ministre français, a rendu compte aux représentants de la presse nationale et internationale, des résultats de sa visite, en Tunisie. Une visite qui s’inscrit dans le prolongement de la visite d’Etat effectuée, il y a un an, par le Président Nicolas Sarkozy, en Tunisie et qui a marqué le départ d’une nouvelle stratégie économique commune.
La visite officielle du Premier ministre français prend fin ce soir. M. Fillon ne rentrera pas pour autant à Paris et a programmé de passer son week-end parmi nous en Tunisie pour une visite privée.
« L’ensemble des engagements pris, lors de la visite d’Etat de Nicolas Sarkozy, en Tunisie, ont tous été tenus, voire renforcés et consolidés par de nouveaux engagements. Des engagements qui traduisent la volonté des deux pays à aller de l’avant et à penser à l’avenir », a déclaré de prime abord, François Fillon lors du point de presse.
Les deux pays ont procédé, à l’occasion de cette visite, à la signature de différents accords de coopération, portant sur le secteur de l’enseignement supérieur et de la collaboration entre les universités des deux pays et dans les secteurs des transports t de l’énergie.
« Nous avons signé deux conventions financières dans le domaine des infrastructures de l’eau ; l’accord de coopération dans le domaine nucléaire, paraphé l’an dernier. Un accord qui nous permettra de conjuguer nos compétences afin que cette forme d’énergie soit une solution et une réponse à la « rarification » des énergies fossiles. Nous avons également procédé à la signature de l’accord de financement d’une Ecole d’Ingénieurs à Bizerte », a indiqué le Premier ministre français.
Mais encore, a-t-il ajouté, la France concrétisera la volonté de la Tunisie de mettre en place la fourniture de 16 nouvelles rames du métro léger, pour une enveloppe de 65 millions d’euros et livrera, par anticipation deux avions des 16 Airbus, commandés à l’occasion de la visite, en avril dernier, du Président Sarkozy.
M. Fillon a, par ailleurs précisé que l’avenir de la coopération entre la France et la Tunisie, sur le long terme, était au cœur de l’entretien que lui a accordé le Président Zine El Abidine Ben Ali.
« Un avenir, a-t-il souligné qui s’inscrit dans le cadre de l’Union Pour la Méditerranée (UPM) ».
Et d’ajouter, que les deux pays partagent la même vision quant à la nécessité de poursuive le processus. Ce n’est pas parce que des difficultés ont émergé suite à la crise de Gaza qu’il faudrait baisser les bras. Bien au contraire, l’UPM n’est pas un problème, elle est la solution. Et, avec le Président Ben Ali, nous partageons le même point de vue. Nous sommes d’accord pour la poursuite du processus, de la mise en place des mécanismes et des structures favorisants l’émergence des projets fédérateurs et d’intérêts communs pour tous les peuples de la méditerranée ».
Plus encore, la crise économique actuelle ne peut, en aucun cas, constituer un frein à la construction de l’UPM. La grande difficulté est liée au conflit au Proche-Orient et la dernière crise de Gaza a rendu certes la reprise du dialogue, difficile.
« La France tout comme la Tunisie insiste que le fait que l’avenir de la Méditerranée est dans l’UPM. Aussi, nous concentrerons nos efforts sur le règlement du différend au Proche-Orient pour changer les choses et aboutir, à travers des solutions diplomatiques et une pression sur Israël, à la création d’un Etat Palestinien souverain », a-t-il ajouté.
Face à la crise économique mondiale, sans précédent, dont les répercussions se font ressentir sur toutes les économies, M. Fillon est quand même venu confirmer le soutien financier de la France aux projets d’infrastructure et de développement en Tunisie.
« Nous confirmons que la France maintiendra son effort financier pour le développement économique et social de la Tunisie. Au moment où, les marchés de capitaux deviennent incertains, la Tunisie peut compter sur une ressource importante de la France, notamment l’Agence Française de Développement (AFD), dont la Tunisie est le premier pays bénéficiaire de ses prêts », a indiqué le premier ministre français.
Toujours dans le registre de la crise financière et économique internationale, le Premier ministre français a réaffirmé la volonté ferme de la France de poursuivre son engagement en faveur d’une réforme des instituions financières internationales, de la gouvernance dans le monde. Car, a-t-il mentionné, la France a un rôle primordial à jouer dans la réforme des dites institutions pour une plus grande ouverture sur les pays émergents ».
Interrogé sur l’absence de la secrétaire d’Etat, chargée des Droits de l’Homme, et de l’état des lieux de la question en Tunisie, le premier ministre français a été on ne peut plus clair.
« La question des droits de l’Homme est un problème qui concerne tous les pays. Nous sommes, quant même très attentifs à cette question et nous demandons peut-être plus à la Tunisie, parce que c’est le pays qui nous ressemble le plus. La Tunisie a atteint un niveau élevé et la démocratisation est un processus continu », a déclaré M. Fillon soulignant qu’il n’est pas là pour donner des leçons pour quiconque.
Et, d’ajouter, ce qui est utile pour la France c’est qu’en matière des droits de l’Homme, il est impératif d’encourager le développement économique, la formation, l’échange entre les unviersités….
Dans le même ordre d’idée, il a fait savoir que la Tunisie a demandé pour les prochaines élections Présidentielles et législatives, des observateurs internationaux et que l’Union Européenne sera bien présente.
Interrogé sur les Investissements Directs Etrangers européens, notamment ceux orientés vers la rive sud, M. Fillon a rappelé que la France investit massivement en Tunisie. Elle en est d’ailleurs, le premier investisseur hors énergie.
« La consolidation des IDE sur la rive sud de la méditerranée correspond parfaitement à notre vision du monde. Nous militons en faveur d’un monde équilibré et cela ne peut se concrétiser qu’avec un pôle Europe fort, conjugué à un pôle Maghreb fort pour construire, en définitive, un pôle de force majeur sur l’échiquier international, la Méditerranée. D’où, notre forte conviction que l’avenir du multilatéralisme se trouve, à juste titre, dans l’UPM », a souligné le premier ministre.
Les représentants de la presse se sont d’un autre côté interrogés sur la concurrence qui pourrait opposer la France au Canada, en matière de performance des compétences dans le domaine nucléaire. Une question qui ne semble pas trop inquiéter M. Fillon, confiant dans la performance et la compétence de la France, en la matière.
« La France compte parmi les pays qui ont le plus investi dans la technologie nucléaire. Une énergie dont la participation dans la production de l’électricité est importante, avec une sécurité maximale. Plus encore, la France est en en train de mettre en œuvre des réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Nous sommes confiants dans notre capacité d’autant plus que le nucléaire n’est pas n’importe quel produit à vendre. Pour réaliser des centrales nucléaire, un pays a besoin d’un partenariat profond, d’Etat à Etat, afin d’acquérir la technologie, le savoir-faire et l’expertise nécessaire. Et la France est bien placée dans ce domaine, pour apporter son soutien à la Tunisie et les entreprises françaises sont bien qualifiées pour remporter l’appel d’offres de construction de la première centrale nucléaire en Tunisie », a conclu M. Fillon.
La conférence est venue après le Forum économique qui a vu la participation de neuf ministres tunisiens et français, ainsi que d’un grand nombre de chefs d’entreprises tunisiennes et françaises. La clôture du forum a été marquée par les allocutions des deux premiers ministres.
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Crédit photos : AFP
Résultats de la visite de François Fillon en Tunisie

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