L’accroissement des échanges inter-africains a rapproché les peuples qui apprennent à mieux se connaître les uns les autres et à se regarder entre eux, autrement que par le regard de l’Autre, autrement que par la communication des clichés négatifs sur l’Afrique. Partant de ce constat puisé dans le réservoir civilisationnel et historique communs des pays du continent noir, l’Afrique est bel bien présente dans le viseur des responsables tunisiens. La Tunisie a une forte vocation africaine. Elle a toujours manifesté une totale disponibilité à explorer les opportunités d’affaires avec les pays africains et à entretenir des relations d’entraide et de solidarité légitimes.
L’expression de la volonté de la Tunisie de donner un cachet particulier à ses liens avec les autres pays du continent africain s’est manifestée de nouveau à l’occasion de la conférence nationale sur « La Tunisie dans son espace Africain : lien civilisationnel et partenariat pour un développement solidaire », tenue jeudi 28 mai 2009, au siège du RCD.
Présidant la séance d’ouverture, Mohamed Ghariani, Secrétaire général du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), qui a présidé la séance d’ouverture de cette conférence, a mis en exergue la grande importance qu’accorde le chef de l’Etat à l’impulsion de la coopération entre la Tunisie et les pays africains. Il a souligné que la conjoncture internationale actuelle, surtout sur les plans économique et financiers, impose une coordination des efforts et des programmes des pays du continent en vue de protéger les acquis réalisés en matière des échanges inter-africains et parier sur la valorisation des ressources humaines et financières.
Abdelwaheb Abdallah, ministre des Affaires étrangères, a précisé, pour sa part, que la réussite du modèle tunisien n’a pas cessé de susciter l’intérêt de nos voisins, ce qui représente une occasion inédite pour rehausser le degré de partenariat entre la Tunisie et les pays de l’Afrique, au diapason de l’alliance stratégique.
M. Abdallah a ajouté qu’il est impératif d’analyser les besoins réels du continent africain qui reste une sphère aux immenses potentialités et aux immenses ressources naturelles et humaines. L’enjeu majeur pour la Tunisie, stratégique également, est de déployer plus d’efforts afin de saisir les opportunités qu’offre ce continent en pleine expansion.
Dans cette même veine, le président de l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat) Hédi Djilani, a indiqué que la Tunisie se veut, de prime abord, un carrefour et un portail d’affaires en termes d’échanges et de circulation entre la sphère européenne et la sphère africaine. Néanmoins, M. Djilani a fait remarquer que malgré les efforts consentis par la Tunisie dans la propulsion de ses échanges commerciaux avec l’Afrique, les résultats escomptés restent en deçà de l’attente et des aspirations des Tunisiens.
Et M. Djilani d’énumérer quelques problèmes qui freinent l’amélioration du climat des affaires entre les pays africains. Les principales causes de la faiblesse des échanges commerciaux avec les pays africains résident notamment dans l’absence d’accords douaniers préférentiels, la rareté des informations économiques et commerciales actualisées sur les pays du continent, les difficultés de transport, la réticence des hommes d’affaires tunisiens à investir dans des pays qualifiés de zones à grands risques.
En vue de dépasser ces handicaps, le président de l’Organisation patronale préconise d’adopter une approche pragmatique à travers la mise en place de plusieurs mécanismes ; tels que la création d’une zone de libre échange avec les pays de l’Afrique subsaharienne, l’adoption d’une stratégie de communication qui tienne compte des spécificités de chaque destination, le renforcement du réseautage avec les structures d’appui et de financements. Il convient également de mener une réflexion sur la mise au point d’un dispositif permettant d’assurer les investissements tunisiens orientés vers l’Afrique. A l’instar de la Turquie, la Chine, la Tunisie va proclamer l’année 2009, l’année de l’Afrique, selon M. Djilani.
La cérémonie d’ouverture a été clôturée sur des témoignages sur la réussite d’hommes d’affaires et d’entreprises tunisiens, opérant dans des pays africains. Il s’agit notamment de la Société du Commerce International de Tunisie (SCIT), la société des Travaux Ferroviaires (SOTRAFER), le groupe Loukil, Nadi EL Bassar, l’Entreprise des Travaux et d’Etude de Projets (ETEP), la STEG.
Deux ateliers ont meublé l’après midi. Le premier porte sur la coopération commerciale et économique : bilan et perspectives. Le second atelier traite de la coopération technique, scientifique et sociale.
Des actions énergiques sont menées au quotidien pour améliorer les échanges commerciaux et économiques entre la Tunisie et les autres pays du continent. La Tunisie qui dispose d’une expérience certaine dans le domaine de la gouvernance et du management est à même d’aider plusieurs pays africains à s’imprégner de la culture entrepreunariale. Les sociétés de services pourront être d’une grande utilité pour faire bénéficier les pays hôtes de leur expérience. Les compétences tunisiennes sont dotées d’une réputation qui a dépassé la sphère continentale. Elles font le bonheur de bon nombre d’entreprises occidentales. Elles seront mieux utiles dans des pays qui ont en besoin le plus. Les opportunités ne manquent pas. Aux entreprises économiques tunisiennes de les saisir à un moment où la crise s’installe dans les pays industrialisés et où la concurrence s’annonce rude en vue de la conquête de marchés prometteurs.
La Tunisie place l’Afrique dans son viseur
Article réservé aux abonnés

Écouter cet article
0:00
0:00
Subscribe to Our Newsletter
Keep in touch with our news & offers









