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La guerre des trois aura-t-elle lieu ?

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    Par Nizar BAHLOUL

    Ça y est, le feuilleton est terminé. La 3ème licence est attribuée et c’est Orange qui l’a remportée. Maintenant, on va s’attaquer à un autre feuilleton qui durera nettement plus longtemps. Celui de la guerre entre les trois opérateurs que seront Tunisie Telecom, Tunisiana et Orange. Voici le synopsis de ce feuilleton avec un rappel des épisodes précédents puisque le feuilleton a déjà commencé, alors même que le nouveau venu n’a pas encore démarré.

    D’ores et déjà, en effet, les deux autres opérateurs (historiques) ont affuté leurs armes et multiplié les offres alléchantes et les bas prix.
    La dernière offre est celle d’Elissa de Tunisie Telecom. Du jamais vu. Elle nous propose des communications et des SMS illimités à 1 dinar par jour. Même pas le prix d’un café dans un salon de thé ! L’offre est des plus séduisantes et nos jeunes résisteront difficilement aux charmes d’une si belle Elissa. Les stratèges du marketing ont bien fait leur boulot.
    Chez Tunisiana, la tactique n’est pas vraiment différente. C’est toujours l’illimité, mais au lieu de 1 dinar par jour, on préfère vous vendre l’illimité à 10 dinars par mois.
    Avec ce service à la carte, Orange semble “bien“ accueilli par les deux opérateurs historiques et dès l’entame de ses activités, il devra composer avec ces offres à bas prix. En théorie, du moins.

    Mais voilà ! Car il y a un mais. A regarder de près, le “piège“ des deux opérateurs est subtil. Selon leurs chiffres, le revenu mensuel moyen par utilisateur tourne autour de 15 dinars.
    Or, si l’on prend le cas de l’offre alléchante d’Elissa, et en supposant qu’elle fonctionne bien, les (jeunes) consommateurs paieront 30 dinars par mois tout en étant convaincus d’avoir fait une excellente affaire. Avant l’offre alléchante, ils consommaient 15 dinars en moyenne. Après l’offre alléchante, ils auront consommé 1 dinar par jour, soit 30 dinars par mois en moyenne.
    La même tactique est suivie côté Tunisiana. Objectif unique et commun : l’augmentation du revenu moyen par utilisateur. Tout le génie des opérateurs consistera à persuader le consommateur de faire de belles affaires et d’obtenir plein de gratuités.
    Avec Orange, ses 182 millions de clients et sa très grande expérience en la matière, parions que l’on va nous gaver encore davantage de ce type de produits qui, du jour au lendemain, deviendront indispensables à notre vie. Nous serons pressés … de les avoir. Et notre budget sera aussi pressé que nous. Pire qu’une orange !

    La bataille entre les trois concurrents ne s’arrête pas là. Autrement, le feuilleton serait des plus insipides à l’instar de ceux diffusés sur nos chaînes locales. La vraie bataille va se jouer sur les ressources humaines.
    Chez Tunisiana, on se prépare et on a concocté un joli plan de rétention avec de belles carottes pour les cadres qui feront preuve de fidélité à l’égard de leur actuel employeur.
    Chez Tunisie Telecom, ledit plan de rétention est prêt depuis une éternité, sauf que son contenu n’est pas encore dévoilé. On ne sait d’ailleurs pas quand est-ce qu’il le sera.
    Mais, quel que soit le plan de l’un et de l’autre, et au vu des témoignages que nous recueillons chez l’un et chez l’autre, on ne voit que des gens pressés de partir vers Orange, le nouveau venu. On a déjà rédigé les CV et on commence bientôt à préparer les cartons.
    Les Tunisiens, en bons Méditerranéens, sont d’éternels insatisfaits. Ils aiment les Français, adorent tout ce qui est neuf et leur fidélité se mesure au chèque qu’ils touchent à la fin du mois.

    Mais voilà, car ici aussi il y a un mais. Quel sort attend ces gens qui s’apprêtent à quitter leur employeur vers le nouveau venu ? Orange va-t- il leur présenter un beau salaire ? C’est fort plausible. Mais, concrètement, que se passera-t-il ? L’ancien employeur va se débarrasser d’un personnel infidèle pour le remplacer illico presto par un nouveau, rémunéré à coups de SIVP et salaires moins importants qu’avant.
    Le nouvel employeur, quant à lui, profitera de l’expérience de ces compétences débauchées chez le concurrent. Compétences qui se chargeront, grâce à leur know how, de former des recrues sans expérience.
    Le piège est que ces “formateurs“ risquent de se retrouver dos au mur s’ils ne donnent pas le meilleur d’eux-mêmes. Leur passage chez le nouvel employeur signifiera fidélité, loyauté et la fin du farniente et des revendications illimitées qu’ils faisaient auparavant. Sans quoi, ils seront licenciés et sans indemnités, puisque … nouvellement recrutés !

    En bref, et en dépit des apparences, tout sera tenté pour nous faire croire que les trois opérateurs se livrent à une véritable guerre, aussi bien sur le plan commercial que social.
    En réalité, c’est une guerre d’apparence de laquelle ils sortent gagnants tous les trois.
    Le dindon de la farce sera ce pauvre consommateur qui paiera de plus en plus cher ses paroles en l’air et ce personnel parti voir si l’herbe est plus verte ailleurs.


    N.B : Prétextant les vacances estivales et ramadanesques, le chroniqueur part se ressourcer pour vous donner rendez-vous à la rentrée. Bonnes vacances à tous et merci pour tous vos encouragements.

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