Les investisseurs étrangers n’arrivent pas à décrypter les dernières mesures relatives à l’investissement étranger en Algérie. Décidées par le gouvernement algérien à la fin 2008, ces mesures obligent les sociétés étrangères d’importation à céder 30% de leur capital à un partenaire algérien. Les entreprises algériennes sont appelées, de leur côté, à détenir au moins 51 % des parts des projets de partenariat avec des firmes étrangères. Dans quelle mesure les décisions prises par le gouvernement algérien influent-elles sur la coopération tuniso-algérienne et sur les relations d’affaires entre opérateurs tunisiens et algérien ?
Une telle décision a été qualifiée par les partenaires de l’Algérie comme une remise en cause perpétuée de certaines règles qui encadraient jusqu’à présent l’investissement étranger et de mettre des entraves devant toute intention d’investissement dans ce pays.
L’inquiétude des partenaires étrangers déjà présents sur le sol algérien, est de plus en plus grandissante depuis juillet 2008. Elle s’est d’abord vérifiée à la suite de plusieurs instructions du Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, en décembre 2008. Il s’en est suivi un durcissement de certaines règles en matière d’installation des investisseurs étrangers.
Selon notre confrère algérien « El watan » dans sa version électronique , la publication du décret le 12 mai 2009, fixant les conditions d’exercice des activités d’importation des matières premières, produits et marchandises destinés à la revente en l’état par les sociétés commerciales dont les associés ou les actionnaires sont des étrangers, vient confirmer cette série de mesures prises successivement depuis près d’une année.
« Avec cette mesure, les filiales de grands groupes automobiles comme Renault, Peugeot-Citröen devront accueillir dans leur capital un partenaire algérien à hauteur de 30% avant la fin de l’année. Des groupes industriels comme Lafarge et ArcelorMittal devraient aussi être concernés au moins sur une partie de leurs activités en Algérie. Ces groupes possèdent en effet des unités de production en Algérie. Mais, elles importent également du ciment et de l’acier qu’ils commercialisent en Algérie», a précisé le confrère algérien.
Deux semaines après l’entrée en vigueur du décret exécutif, seules 8 entreprises se sont conformées aux conditions de ces nouvelles mesures sur un nombre de 1846 sociétés d’importation, implantées en Algérie et enregistrées fin mai.
En ce qui concerne la Tunisie, les opérateurs étudient la question avec beaucoup d’attention Le patron de Poulina Group Holding, Abdelwaheb Ben Ayed, a confirmé, pendant l’assemblée générale ordinaire du groupe, lundi 17 mai 2009, que la PGH continuera à saisir les différentes opportunités qui se présentent sur le marché algérien malgré ces mesures. Il a signalé toutefois que le cas échéant, le groupe aura à s’adapter à ces nouvelles exigences. Les autres hommes d’affaires tunisiens, à l’instar des investisseurs étrangers, déjà opérationnels en Algérie ou qui ont manifesté leur intention de s’y implanter, ne peuvent pas rester indifférents. Ils ont de quoi s’interroger sur l’opportunité de ces mesures.
Il semble bien que cette vague de mesures économiques chez nos frères algériens aurait des retombées sur les relations de partenariat entre les deux pays. De quelle façon serait traitée cette nouvelle situation par les Tunisiens ? Telle est la question qui se pose. Les opérateurs tunisiens et algériens, impliqués dans l’Union maghrébine des hommes d’affaires, auront l’occasion d’en débattre.
La coopération économique entre l’Algérie et la Tunisie, souvent citée en exemple, témoigne de l’engagement des deux pays dans le processus de l’édification de l’Union du Maghreb arabe. L’on dénote, à travers cet engagement, une réelle volonté de tisser des liens denses entre les deux pays, déjà unis par un passé révolutionnaire commun et des rapports « sans nuages » depuis leur indépendance.
La Tunisie a été, rappelons-le, le seul pays au monde à n’avoir pas imposé de visa d’entrée aux citoyens algériens lors de la décennie 1990. Un geste d’une portée historique qui vient confirmer la détermination de ce pays à construire une coopération stratégique avec l’Algérie.
Ce déterminisme tant historique que stratégique, est appuyé également par les défis à relever par les deux pays et qui résultent de la crise économique mondiale. La conjoncture exige des deux pays un travail mieux coordonné, afin de trouver des solutions concertées.
C’est dans ce contexte d’engagement mutuel que les deux pays, qui ont opté pour une même politique de tendance libérale et pour les mêmes alliances stratégiques extérieures (l’Union européenne), doivent coordonner leurs moyens et ressources pour une véritable complémentarité, voire une intégration, économique salutaire en cette ère de groupements régionaux.
Les Investisseurs tunisiens face aux nouvelles mesures en Algérie : que faire ?

Mis à jour le: 2 juillet, 00:00
2 juillet 2009, 00h00
4min Temps de lecture
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