Le marché tunisien de l’assurance ne constitue que 0,02 % du marché international. Les marchés sud-africain et marocain constituent respectivement 1,05 % et 0,05 % du marché international. Cet indicateur reflète la faible pénétration du secteur (taux de pénétration = le rapport du total des primes sur le Produit Intérieur Brut) dans le continent, avec un taux qui ne dépasse pas 2 %, malgré une croissance annuelle du PIB de 5 % durant la dernière décennie en Tunisie.
Pourtant, toutes les dernières analyses ont montré que le marché international de l’assurance est rentable et prometteur. Malgré la crise économique, il connaît une évolution à l’échelle internationale. Ainsi, on a enregistré une évolution de 15,9% dans les pays asiatiques (Chine, Hong Kong) et de 12,9% en Europe de l’Est (Russie, Pologne).
En Tunisie, les statistiques montrent que le total des primes émises en 2007 s’élève à 872.120.559 dinars. Dix sept entreprises travaillent dans le secteur et se répartissent ce portefeuille à hauteur de 56,48%, pour le privé, 24,80 % pour le public et 18,72% pour les mutuelles.
La prime par habitant est de 85,781 DT alors que la moyenne internationale est de 778 DT. D’ailleurs, 38,354 DT sont destinés à l’assurance automobile la physionomie du marché tunisien reflète d’ailleurs une structure de marché caractérisée par la prédominance des assurances automobiles Celles-ci occupent une part de 44,71% avec un total de prime de 392.16 8 MD en 2007.
Avec ce taux de pénétration de 2 %, l’assurance tunisienne n’occupe pas la place qui lui sied dans l’économie du pays. A titre de comparaison, au Maroc et avec une croissance de PIB ne dépassant pas 2,2 %, le taux de pénétration est de 3,4%. Il est clair que le secteur peine encore à trouver ses marques et à acquérir les mécanismes et les pratiques adéquates pour son essor
En effet, aux difficultés techniques, juridiques et administratives, s’ajoutent les problèmes de la communication et du développement. La volonté de changer est encore tributaire d’une nouvelle culture qui tarde à s’installer non seulement chez l’usager, mais aussi chez les ressources humaines exerçant dans le métier.
Ainsi, face au mécontentement du client et à ses griefs concernant l’accueil, les lenteurs, le retard quant aux règlements, l’excès de formalisme, la pléthore de paperasses administratives, le langage compliqué et déroutant, la carence dans l’information, l’inadéquation des coûts avec les services rendus, etc. Aucun effort digne d’être cité n’est entrepris pour mettre à niveau le secteur.
Du coup et surtout face aux contraintes du marché international de la réassurance, aux incertitudes économiques futures, la restructuration du secteur se présente comme indispensable, voire inévitable. Sa mise en application, cependant, devrait tenir compte de deux réalités : celle du marché local et international et celle de l’entreprise avec tous les paramètres antagoniques.
Cette restructuration viserait inéluctablement le renforcement de la capacité du secteur au niveau du marché et l’amélioration de ses ressources humaines, au niveau de l’entreprise.
D’ailleurs, il existe un besoin impératif d’entreprendre plusieurs actions d’exploration et, surtout, d’investir pour parvenir à mettre à niveau le secteur. Ce dernier ne constitue-t-il pas l’un des piliers du développement socioéconomique de la Tunisie ?
A ce niveau, et après tant d’années d’exercice, il est temps de procéder à un véritable diagnostic du domaine pour identifier ses faiblesses et déterminer les tâches à accomplir. Les professionnels s’interrogent sur les moyens permettant d’acquérir un minimum de professionnalisme en vue de promouvoir la créativité et la flexibilité face à une réalité en perpétuel changement. Une telle tâche nécessite la formation des opérateurs et des instructeurs dans ce secteur.
Les spécialistes pensent que le bon pilotage de l’information interne et externe aiderait mieux à trouver la voie qui mènerait au changement prôné. Selon eux, la nouvelle stratégie devrait reposer sur un ensemble d’actions précises, quantifiées où les dates de début et de fin sont spécifiées et où les ressources humaines et matérielles requises sont déterminées sur la base d’une observation réfléchie des données du possible et d’une évaluation objective de l’historique des réalisations et de la détection ciblée des insuffisances.
Les experts insistent sur le fait que le développement implique surtout un net changement de style de commandement. Il s’agit de donner davantage de responsabilité au personnel et aux intermédiaires. C’est également pouvoir prendre des risques, oser pour faire la différence. Car, les professionnels savent que la peur de l’échec n’a jamais été un catalyseur de l’entreprenariat ni un outil de productivité ou de compétitivité.
Les spécialistes pensent par ailleurs qu’il est aussi nécessaire de développer l’écoute, initier le dialogue et instaurer un climat de confiance. D’où, « l’intérêt de la formation d’intermédiaires capables d’établir de véritables ponts entre l’usager et l’assureur », affirment-ils.
De telles actions et d’autres adressées au grand public à l’occasion de différentes manifestations économiques, culturelles et sportives peuvent transformer le secteur.
Ainsi, « le secteur des assurances, mobilisateur d’importants capitaux, pourrait se repositionner comme opérateur économique capable d’apporter une contribution efficace et une plus grande dimension à l’essor économique du pays », concluent les plus optimistes.
Tunisie – Comment secouer le secteur des assurances de sa torpeur ?

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