Sous d’autres cieux, le communiqué de la Star du 29 mars faisant part de la chute vertigineuse du montant du dividende proposé, aurait fait scandale et fait immédiatement réagir le gendarme de la bourse qui aurait exigé (et obtenu) des explications de la part de l’entreprise.
En Tunisie, c’est le silence total ! La Star publie, sans explication aucune, un communiqué scandaleux et le Conseil du Marché Financier (CMF) le publie avec la précision classique (et étrange) précisant qu’il n’entend donner aucune opinion ni émettre un quelconque avis quant au contenu des informations diffusées dans cette rubrique par la société qui en assume l’entière responsabilité. Car, justement, on aimerait entendre l’opinion et lire l’avis du CMF sur les agissements de certaines entreprises cotées !
En 2008, la Star a distribué des dividendes de 19,300 dinars. En 2009, et en dépit de la croissance des résultats, la compagnie d’assurance (filiale à 35% du français Groupama) annonce son intention de n’offrir que 1,800 dinar de dividende ! Sans explication sur les raisons de cette baisse vertigineuse !
« A quelle explication pourrait-on s’attendre, d’ailleurs ? », s’interroge un petit actionnaire. On aurait pu nous dire que l’année 2008 a été exceptionnelle, mais la chute de 2009 est exceptionnelle (dans l’autre sens) également, continue-t-il !
« En ce moment, rien n’explique ce retournement de la situation, puisque les résultats de 2009 sont meilleurs que l’année précédente, nous déclare un analyste boursier qui précise qu’en toute logique, les petits actionnaires étaient en droit de s’attendre à des dividendes meilleurs que 2008.» Le même accuse la Star d’être la cause de la léthargie observée en cette journée du mardi 30 mars 2010.
Scandalisé, un autre actionnaire nous fait part de son dépit : « Jamais sous d’autres cieux les dirigeants d’une entreprise cotée en bourse n’auraient osé commettre une telle forfaiture vis-à-vis des petits porteurs. Il suffit de voir la panique qui s’est emparée du marché boursier aujourd’hui. »
Le même petit porteur s’interroge sur les raisons et sur les parties à qui profite la décision de diviser par dix le montant des dividendes, alors que le chiffre d’affaires et le résultat net sont en hausse.
A regarder le marché, aujourd’hui, on constate bien que la panique l’a gagné. Plus d’un intermédiaire et plus d’un porteur en témoignent. Les chiffres parlent tous seuls d’ailleurs.
A 14 heures, 165 ordres de vente, pour 18451 actions au prix du marché, pour l’essentiel, ont été annoncés. En parallèle, seuls 8 ordres d’achat ont été formulés, pour 227 actions, au prix de … 80 dinars pour 222 d’entre elles !
Prix impossible à atteindre puisque l’action (cotée à 184,300 dinars) ne peut dépasser les 4,5% de variation à la hausse ou à la baisse en un jour.
Résultat des courses, les ordres de vente sont laissés lettre morte ne trouvant pas d’acheteurs, d’où la panique des petits porteurs qui veulent se débarrasser de cette « mauvaise étoile ». Durant toute la journée, zéro transaction ! On imagine le désarroi de ces petits porteurs qui veulent récupérer leur argent, même avec une petite perte.
Comment expliquer la chute ? Qui l’a décidée ? Des sources bien informées nous affirment que le PDG n’y est pour rien et que c’est le conseil d’administration qui a décidé de fixer ce ridicule montant de dividende. En clair, les représentants de l’Etat et ceux de Groupama qui détiennent, chacun, 35% du capital.
Quoi qu’il en soit, cette décision ne pourrait en aucun cas se faire sans qu’elle ne soit accompagnée par un communiqué explicatif aux petits actionnaires.
Une chose est sure, Groupama ne se serait jamais permis ce manque de respect sur le marché boursier français. Dans son pays, la compagnie d’assurances, pour soigner son image et asseoir sa marque, multiplie les spots publicitaires (représentés par la belle Cerise ou encore par son autre filiale A ma guise extraordinairement communiquée par Jean Rochefort). En Tunisie, elle ne semble faire qu’à sa guise et accorde peu de cas à son image si l’on témoigne par le long silence depuis son arrivée ou par l’absence d’explication dans le communiqué d’hier.
Son image qui est loin d’être au top en Tunisie, puisque ses représentants sont aux abonnés absents, ne peut qu’être ternie et c’est fort regrettable au regard des espoirs portés sur elle.
Loin de Groupama et de la Star, on s’étonne de l’absence de réaction du CMF qui devrait réagir le plus rapidement possible en exigeant des administrateurs de la Star de donner les explications nécessaires. Les actionnaires, affolés et paniqués pour leur argent, sont en droit d’obtenir des informations et un minimum de respect à leur égard ! Et dire que certains hauts responsables sont en train de multiplier les efforts pour que les épargnants fassent confiance en la Bourse de Tunis et y placent leur argent !










