Au début de l’année 2010, la Tunisie a été classée première en Afrique, 7ème à l’échelle arabe et 66ème au monde en matière de e-gouvernement selon l’index «2010 UN Global E-Government» des Nations Unies. On a même gagné 58 places par rapport à notre classement en 2009. Normalement, ce classement devrait nous flatter et nous réjouir étant donné que depuis des années déjà, le gouvernement tunisien s’est mobilisé pour simplifier la vie de ses administrés en s’incrustant davantage dans la nouvelle donne technologique : l’administration électronique ou l’e-government.
Toutefois, il y a un bémol, non pas sur cette stratégie avant-gardiste et consciente que la modernisation passe automatiquement par la promotion de la confiance auprès des citoyens à travers la transparence et le libre partage des données, mais plutôt sur ce fossé qui existe, encore, entre le e-administration comme une stratégie consensuelle et son exécution. Traduction : même si l’information est devenue accessible, il n’en demeure pas moins qu’une partie des sites web des ministères et autres établissement publics ne sont pas régulièrement actualisés. Pis encore, pour certains, les informations publiées, souvent à la hâte, n’obéissent à aucun calendrier de publication.
Bon à souligner. Le site de la Présidence de la République donne l’exemple en ce sens qu’il est le mieux actualisé avec une mise à jour instantanée.
La vision e-administrative de la Tunisie est indéniablement en avance sur nos voisins. Elle joue un rôle primordial dans l’amélioration de la performance de la gestion publique et le renforcement de la qualité des prestations fournies aux administrés. Objectif : mieux servir le citoyen, d’une part, et renforcer la compétitivité de l’entreprise d’un autre côté. D’ailleurs, le programme présidentiel 2009-2014 «Ensemble relevons les défis» constitue une nouvelle étape dans le développement de l’administration électronique. Lequel programme est déterminé à focaliser l’administration sur les besoins des citoyens et de la rendre «une administration moderne au service du citoyens et du développement». Un train de mesures a été adopté qui, au fil des années, a été élargi à plusieurs reprises afin d’incruster cette culture au sein des organismes publics.
Seulement, un fossé demeure à combler entre la stratégie gouvernementale en la matière et son exécution. Pour une mise à l’épreuve, on s’est offert la possibilité de nous balader sur les sites des ministères et ceux de certains établissements publics pour nous rendre compte que les webmasters, à qui on a confié la responsabilité du « management » technique de certains de ces sites, prennent beaucoup de temps à les mettre à jour. Ils prennent leur temps, alors même que ce « temps » est un luxe que notre pays ne peut se permettre. Car chaque jour chômé implique, certainement, un manque à gagner pour l’économie nationale.
Les sites du Premier ministère, des ministères de l’Industrie, de l’Equipement, des Technologies de la communication, de la Santé, de l’Education, de la Formation professionnelle, des Affaires sociales et des Finances, sont toujours « updates », avec un différé de trois jours pour certains. L’ensemble des données date de l’année en cours, quoique la rubrique « actualité » est truffée de dépêches de l’agence Tunis Afrique Presse (TAP). Pour la plupart, les données statistiques sont souvent actualisées et la publication est régie par un calendrier. Les publications concernent également les départements, structures et organismes afférents à chaque ministère.
Cependant, si certains excellent par leur dynamisme, d’autres se distinguent par leur hébétude. Parmi les « illustres » exemples dans ce cas, on trouve celui du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche dont la dernière mise à jour du site remonte au 5 juin 2010. La dernière actualisation du site web de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA), un organisme relevant du même ministère, remonte, quant à lui au mois de février 2010. Toujours avec le même ministère, la dernière modification du site de l’Observatoire national de l’agriculture date du 18 avril 2006 ! Sans compter le fait que les statistiques publiées par ledit observatoire se rapportent à…l’annuaire statistique 2004.
S’agit-il d’un manque de ressources humaines qualifiées en la matière ? Ou s’agit tout simplement d’une « tactique » qui cherche à sabrer dans les dépenses ? Passons.
Un autre constat non moins important, une bonne partie des sites qu’on a consultés ne mentionnent pas leurs dates de mise à jour. Mais l’œil vigilante ne peut pas manquer de se rendre compte que les informations enchevêtrées mises sur ces sites n’obéissent à aucune logique chronologique. Des informations d’ordre général empruntées à la hâte d’autres sites, des statistiques publiées concernent l’année 2009 que nul doute qu’en presque un an, de tels chiffres ont perdu de leur fraîcheur.
Auprès de certains ministères et organismes publics, on nous indique que le site est en cours de conception. D’autres s’adressent à une catégorie bien particulière des usagers, soit des arabophones soit des francophones. Certains ministères n’ont pas encore de site web, tel le cas du ministère de l’Intérieur et du développement local et du ministère de la communication. Du même, un travail de longue haleine attend ces structures notamment au niveau de l’ergonomie et de l’esthétique de leurs sites web, car ce sont elles qui conduisent aisément le visiteur le plus rapidement vers l’information recherchée.
Bref, la digitalisation des services publics est un travail en marche en Tunisie sous l’impulsion de la nouvelle donne mondiale. En témoigne l’importance accordée par le Chef de l’Etat, dans son programme pour le quinquennat 2009-2014, à la promotion de l’administration électronique au niveau des standards des pays avancés, notamment en matière de développement des compétences et des professions liées à l’administration électronique, de l’enseignement, l’infrastructure de communication et les sites web, la connexion des ministères, les services adressés aux citoyens et la réduction des coûts des mesures administratives et l’accroissement de leur célérité au profit des entreprises.
L’enjeu étant de taille, il est urgent que les ministères et les différents organismes publics consacrent des budgets conséquents et embauchent les webmasters compétents pour faire de leur site web un pont pérenne entre l’administration et les administrés.
Cliquer ici pour télécharger le tableau des sites web
Tunisie – Sites Web : les retardataires et les ponctuels de l’administration
Article réservé aux abonnés

Écouter cet article
0:00
0:00
Mis à jour le: 16 juillet, 00:00
16 juillet 2010, 00h00
6min Temps de lecture
[sharethis-inline-buttons]
Subscribe to Our Newsletter
Keep in touch with our news & offers









