Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Tunisie – Maîtrise de la consommation : des slogans toujours mâchés, jamais évalués

Le point de presse tenu récemment par Ali Gharbi, directeur général de l’Institut national de consommation, en partenariat avec les représentants des ministères de la Santé publique, du Commerce et de l’Artisanat et des Affaires religieuses, l’Institut national de la nutrition et des technologies alimentaires (INNTA) ainsi que ceux de l’Organisation de défense du consommateur (ODC), a annoncé la formation d’une nouvelle équipe travaillant dans le domaine de maîtrise de la consommation, en cette période marquée par la juxtaposition éprouvante de plusieurs saisons, commençant par les réussites scolaires et finissant par la rentrée scolaire, en passant par la villégiature estivale, Ramadan et l’Aïd.

L’idée de réunir plusieurs intervenants est intéressante en soi, du moment qu’elle permet à plusieurs partenaires de cibler la maîtrise de la consommation à partir d’angles différents. Ainsi, les experts en nutrition du ministère de la Santé publique font valoir les normes hygiéniques que les consommateurs doivent observer. Les théologiens vulgarisent les concepts religieux en matière de consommation, alors que l’ODC essaie de tempérer l’ardeur consommatrice des citoyens en développant une nouvelle culture plus rationnelle.
Une telle action concertée mériterait une attention particulière si elle était réfléchie et adossée à une étude préalable des orientations du comportement des consommateurs par rapport aux objets en question.

Or, cette équipe ne s’était jamais réunie avant le point de presse. Ali Gharbi a annoncé aux médias présents (les médias électroniques étaient exclus) que les représentants du ministère des Affaires religieuses avaient du retard, alors qu’ils étaient assis près de lui. Les présentations s’étaient, alors, faites en public. Les invitations annonçant la conférence ont prévu deux horaires différents (9h30 et 10h, selon la source).
Une représentante du ministère de la Santé publique ne savait même pas de quoi elle allait parler. Elle a demandé aux journalistes présents de poser leurs questions alors que Ali Gharbi avait annoncé la séance de questions pour la fin.
En bref, c’était un cafouillage auquel les animateurs ont essayé de remédier par des interventions d’ordre général sur les bonnes méthodes hygiéniques ou le point de vue de la religion par rapport à la consommation. Mais, rien n’indiquait qu’on préparait une action d’envergure pour la rationalisation de la consommation.

Par ailleurs, les animateurs n’ont pas répondu aux requêtes des journalistes qui leur ont reproché l’absence d’une évaluation des actions précédentes sur le même thème. Leur silence est logique du moment qu’ils n’ont, semble-t-il, jamais fait une telle action. Laquelle évaluation est pourtant nécessaire pour renforcer les acquis et pallier les manquements.
La seule éclaircie dans cette approche du thème de la consommation a été l’annonce par M. Ali Gharbi des premiers résultats d’une enquête sur le comportement des consommateurs face à la hausse des prix, ou la rareté de certaines denrées. Laquelle enquête a été réalisée dans les gouvernorats de Jendouba, Béja et Le Kef auprès d’un échantillon de 554 citoyens.
Les premiers résultats obtenus après le dépouillement de 426 réponses, ont montré que 93 % des personnes interrogées trouvent impossible la réduction du volume des achats de produits alimentaires, quoique 68 % considèrent que le Tunisien est un grand consommateur.
Ces mêmes résultats ont montré, également, que 74 % des citoyens décident au préalable ce qu’ils ont à acheter, 92 % achètent dans les grandes surfaces, 67 % se limitent à leurs besoins, alors que 33 % sont influencés par le marketing.

Pour ce qui est des justifications dans le choix des produits, 46 % donnent la priorité à la qualité, 40 % au prix et 14 % à la marque. Parmi la population sondée, 68 % consomment de la viande de volailles et 50 % achètent les fruits ordinaires.
Quant à la réaction des consommateurs, en cas de rareté d’un produit et cherté de son prix, 42% achètent en petites quantités, 21 % utilisent des produits congelés chez eux, 14 % n’achètent pas, 13 % cherchent des produits de substitution alors que 10 % achètent dans tous les cas de figure.

Une pareille enquête est très importante pour évaluer le comportement du consommateur tunisien. Elle montre un souci de recherche du moindre coût, en s’orientant à la viande de volailles, aux fruits ordinaires et à la congélation chez soi. Dommage qu’elle n’ait été présentée qu’à la fin de la conférence alors que la majorité des journalistes a déjà quitté.les lieux.
Elle aurait pu constituer un support intéressant pour dresser une stratégie pour la rationalisation de la consommation.
En effet, s’il est beau de reprendre les slogans généralistes et de se cacher derrière le manque de réactivité des consommateurs, comme l’a fait le représentant de l’ODC à la réunion, il est encore plus beau de réfléchir sur les raisons de ce manque d’efficacité de telles campagnes et de dresser des slogans pratiques, en cohérence avec les enquêtes de terrain sur les penchants des consommateurs.

Les résultats ne sauraient que s’améliorer, encore faut-il se réveiller de bonne heure et de préparer sa conférence comme il se doit car il ne s’agit nullement d’un pointage de présence. De tels programmes peuvent influer sur la culture consommatrice des Tunisiens à condition qu’ils soient bien réfléchis.

Crédit dessin : Ouest France

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *