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Tunisie – Ces promoteurs qui font du « copier-coller » dans leur business plan

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Ils n’étaient pas trop nombreux, les participants à la conférence organisée au sein de la Banque de Financement des petites et Moyennes Entreprises (BFPME), sur les fondamentaux d’un business plan. A peine une vingtaine, qui ont, certes suivi, attentivement et studieusement, la présentation du Directeur de l’Assistance, de l’identification et du développement, au sein de la BFPME, Slim Siala.
Néanmoins, le débat, qui a suivi, était « hors sujet ». Les participants étaient beaucoup plus intéressés par les modes, les mécanismes et les interventions de la Banque que par le business plan en lui-même. Est-ce un problème de communication de l’institution financière qui,  cinq ans après sa création, est encore très peu connue, auprès de la communauté des promoteurs ? Ou est-ce un problème des promoteurs eux-mêmes qui ne prennent la peine de s’informer, qu’au jour « J » ?

Tous ceux qui ont réussi leur projet, s’accordent à affirmer que l’élaboration d’un business plan est incontournable. Et pas seulement pour convaincre et séduire la banque, censée accorder le financement, mais aussi et surtout pour la bonne marche de l’entreprise. La semaine mondiale de l’entreprenariat, organisée sur une initiative de la cellule des jeunes entrepreneurs de l’IACE, tend à « réveiller l’entrepreneur qui sommeille en chacun de nous ». Aussi, a t-elle commencé par le b.a.-ba de la création : le business plan.
Ce sont les idées reçues qui priment de prime à bord, en matière d’élaboration de business plan. Il semblerait que les promoteurs, la plupart en tous les cas, s’appliquent dans la préparation de leur plan d’affaires, non pas pour tester la faisabilité de leur projet, pour savoir où aller, comment, et avec quels moyens, mais plutôt pour séduire le banquier, et l’inciter à investir dans son projet. Certes, l’objectif « séduction » est important.

Néanmoins, ce n’est pas le rôle premier d’un business plan, qui est, avant tout, un outil dédié au promoteur lui-même. Car, comme le souligne Slim Siala, il est souvent conçu à l’occasion d’une création d’entreprise, ou encore, de la mise en place d’une phase de développement important. Il est alors, l’outil de base pour chercher des financements et permettre au promoteur de mieux approfondir son projet, non seulement, au moment de la création, mais tout au long du cycle de vie de l’entreprise.
Quoiqu’il n’existe pas de « plan d’affaires » idéal, il n’en demeure pas moins que ce document primordial, pour la création de l’entreprise, obéît à certaines règles fondamentales générales, que le représentant de la BFPME a expliquées en long et en large, avec aisance à la poignée des participants, qui ont pris la peine de se déplacer.

Contrairement à ce que l’on puisse penser, une fois le crédit obtenu, le business plan n’est pas à jeter aux oubliettes. Bien au contraire, c’est un document à actualiser en fonction de la conjoncture et des objectifs de l’entreprise, au fil des années. Et à en croire Slim Siala, les promoteurs se sentent mal à l’aise, et on dirait que le « ciel leur est tombé sur la tête, lorsqu’on exige d’eux le business plan, sans lequel, d’ailleurs, il ne faut pas espérer avoir des financements. Car, il est désormais, incontournable et indispensable pour la création d’entreprise. Un exercice certes difficile car, chaque business plan, tout comme chaque affaire, a ses propres spécificités.
« Le copier coller, à partir d’un site Internet, ou à partir de business plan déjà établis, n’est pas du tout une bonne idée. Le directeur à la BFPME a clairement signifié que cela porte préjudice au promoteur et à son projet. Car, si le résumé opérationnel est attrayant, tous les dossiers de business plan sont étudiés, minutieusement, puisque la BFPME prend beaucoup de risque dans le financement des projets.

En tout état de cause, avant de se jeter à l’eau, il faut se poser les bonnes questions, définir l’idée de son projet, ses clients potentiels, le marché cible, la situation par rapport à la concurrence. Il s’agira de bien articuler, surtout de manière cohérente, ses idées, structurer sa démarche, pour s’inscrire dans la logique d’un business plan. Un plan dont le rôle premier est de « conforter le promoteur sur la faisabilité de son projet, notamment sur l’aspect financier, soit la rentabilité, la cohérence du plan de financement…. ». En présentant sa démarche, le promoteur dispose de l’outil de communication idéal pour convaincre les investisseurs, sans être dans l’obligation de jouer au créateur passionné. Il suffit de répondre aux six règles de « C » fondamentales pour le business plan : être Complet, Cohérent, Clair, Concis, à l’appui des Chiffres vérifiables et un Calcul des prévisions sur des hypothèses bien claires et démontrées. Ainsi, il a toutes les chances d’être performant.
S’il est vrai qu’il n’existe pas de modèle idéal et parfait d’un business plan, il n’en demeure pas moins que celui-ci est tenu de traduire clairement le projet aussi bien en termes d’objectifs chiffrés, que de présentation des moyens pour le réaliser.

Plus qu’un simple dossier, « un business plan sert de tableau de bord dans le suivi de l’entreprise lors du démarrage de l’activité ». C’est un véritable reflet d’une réflexion. Il fixe les priorités sur la base d’objectifs quantifiés, planifiés et mesurables. Un bon moyen d’éviter les causes d’échec les plus fréquentes en matière de création de projet telles que ne pas allouer les ressources là, où elles sont vraiment nécessaires, un surdimensionnement du projet, un positionnement inadéquat….
Le directeur de l’Assistance, de l’identification et du développement, au sein de la BFPME a donné un exemple de business plan, aux présents, tout en les conseillant, encore une fois, à ne pas copier coller, mais plutôt à s’en inspirer. Il a également, apporté des conseils en matière de rédaction, de temps à utiliser, des mots et phrases à éviter, pour ne pas heurter la sensibilité et la psychologie de ceux qui étudient le dossier…

Bref, le tout dans l’objectif d’une opération de charme des banques. Mais encore faut-il que le promoteur soit lui-même convaincu de son projet, pour réussir à charmer les bailleurs de fonds. Une conviction qui ne peut être tirée et accomplie qu’à travers l’élaboration d’un vrai business plan, de vraies études, de vraies analyses…..
On ne peut rien reprocher à la présentation de Slim Siala qui, en banquier consciencieux et habitué à l’étude des dossiers de business plan, a apporté des conseils précieux émanant d’une réalité concrète. Par contre, pour les participants à cette conférence, à part quelques uns qui étaient intéressés directement par l’élaboration d’un business plan, la plupart des questions étaient relatives à la BFPME, en tant que banque de financement : ses mécanismes d’intervention, la nature de projets qu’elle finance, le déroulement des opérations de cofinancement avec les autres banques de la place, les plafonds des projets financés….C’est dire, qu’ils sont venus prendre connaissance de ce que l’institution bancaire est capable de financier, plutôt de savoir sur quelle base elle le fait, à savoir, en premier lieu, le business plan.

Cinq ans après son entrée en activité, la BFPME semble être apparemment, encore peu connue du grand public. Et pourtant ses missions sont d’une importance capitale, la promotion de la création d’entreprises. Des missions qui se consolident de plus en plus, notamment avec la création prochaine, de « Al Moubadra Holding »….Des plans de communications pour promouvoir la banque auprès du grand public, où, des promoteurs potentiels peuvent très bien se cacher, ne serait pas une mauvaise idée !

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