La Chambre des Conseillers a adopté, mercredi 9 février, le projet de loi habilitant le président de la République par intérim à prendre des décrets-lois selon les dispositions de l’article 28 de la Constitution tunisienne.
Devant une assemblée quasiment vide, le Premier ministre, Mohammed Ghannouchi, a essayé de défendre son gouvernement et même sa présence à sa tête. Comme le rapporte l’AFP, le conseiller indépendant, Ridha Mellouli l’a interpellé par les propos suivants: "Vous ne pouvez pas être dans le gouvernement de la révolution. Ne me dites pas que vous n’étiez pas au courant de tout ce qui s’est passé" (sous Ben Ali), ce à quoi le Premier ministre a répliqué : "La chasse aux sorcières est un danger qui menace notre pays".
Bon à rappeler, Ridha Mellouli était devenu conseiller suite à son inscription sur la liste personnelle de l’ancien président.
Parlant de l’explosion sociale que vit la Tunisie aujourd’hui, Mohammed Ghannouchi a dit ceci :
"Nous sommes soumis à des pressions sociales à cause des revendications du peuple. Nous les comprenons. Mais il faut prendre en considération le fait que l’Etat n’est pas encore en capacité, pour le moment, de répondre à toutes ces demandes. Nous n’avons pas de baguette magique".
Selon l’agence TAP, le Premier ministre a pu, comme lors de la discussion de la même loi à la Chambre des députés, énumérer les différentes missions du gouvernement provisoire par ordre de priorité. A savoir, l’organisation d’élections présidentielles sous la supervision d’une instance indépendante et le contrôle d’observateurs nationaux ; la révision des lois sur les partis politiques, du Code de la presse, de la loi relative aux associations et de la loi sur le terrorisme ; la garantie de la sécurité et un retour à la normale ; la préservation des postes d’emploi et l’accélération du rythme de leur création, l’amélioration des revenus des ménages etc.
Vaste chantier.










