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Tunisie – Les dossiers brûlants du gouvernement de transition

Le nouveau gouvernement Ghannouchi avec son staff de technocrates a pris place à La Kasbah où il s’est mis au travail pour répondre, d’abord, aux attentes des citoyens aspirant à une amélioration des conditions générales de leur quotidien et, d’autre part, faire face aux éventuels freins de ceux qui s’opposent à une véritable transformation du pays.
Déjà, la tâche de dresser les priorités n’est pas facile surtout avec la pression exercée par chaque segment de la population qui se croit prioritaire et aspire à réaliser le plus rapidement possible sa transformation.

Plusieurs segments de la population croient que le changement de leurs statuts devrait se faire immédiatement. Faute de quoi, ils seraient oubliés et dépassés par les événements. C’est ce qui explique les rassemblements des agents des municipalités, des vacataires de l’enseignement et de la santé mais aussi, celui des fonctionnaires de plusieurs autres départements ministériels et d’établissements publics.
Or, si c’est légitime que tout le monde veuille cueillir les fruits de la révolution, le gouvernement de transition a des priorités et qui ne sont pas des moindres et il est impératif de lui laisser le temps nécessaire pour agir.
D’abord, il est impératif de gérer en première urgence la question de la sécurité. Tout le monde doit se sentir tranquille pour reprendre sa vie normalement et produire comme il faut sans aucun tracas.
Il faudrait aussi instruire comme il se doit les enquêtes contre les caciques de l’ancien régime. Les commissions d’enquêtes sur la corruption et sur les derniers événements doivent bénéficier de toute la latitude pour mettre à nu tous les agissements frauduleux. Les gels successifs des avoirs de la mafia qui régnait sans partage sur la Tunisie pourraient constituer une source inestimable d’investissements productifs dans le pays, notamment, les zones déshéritées.

Il est également urgent de restructurer l’administration et les établissements vitaux de l’économie en mettant les personnes qu’il faut aux places stratégiques qu’il faut afin de couper court avec la corruption et la mauvaise gestion. L’économie doit reprendre sa marche au plus vite et les investisseurs tunisiens et étrangers doivent reprendre confiance en la stabilité de cette Tunisie et en son fort potentiel.
Sur un même niveau, avec cette reprise économique, le gouvernement de transition doit s’intéresser à ces zones déshéritées pour y placer des investissements productifs. S’il est vrai que cette indemnité mensuelle de ‘chômage’ de 150 dinars peut aider à lutter contre la précarité. Il ne s’agit que d’un calmant. L’économie n’a pas besoin d’une telle option improductive et les finances de l’Etat ne permettent pas à la longue de tels engagements.

Ensuite, nul ne doute que la précarité de l’emploi constitue un problème très délicat qui mérite un examen profond. Des centaines de milliers d’employés travaillent d’une manière très précaire et ne disposent même pas de couverture sociale et médicale permanente. Il suffit de braquer les lumières sur les sociétés de service pour voir l’importance de ce phénomène. Il ne s’agit pas uniquement des femmes de ménage ou des agents de gardiennage. Il y a également plusieurs grandes sociétés qui procèdent à ce genre d’emploi.
La société Ennakl de Sakher El Materi n’a-t-elle pas transféré une partie de son personnel au nom d’une société de services lorsque ces employés ont atteint quatre ans d’ancienneté pour éviter de les titulariser ? D’autres exemples sont fréquents dans le tissu industriel tunisien et il faut mettre fin à ces pratiques surtout que ces employés sont quasiment permanents.
De telles pratiques servaient à contourner les mailles des services de contrôle de la couverture sociale et des impôts. Or, ces employés ont besoin de stabilité pour mieux produire et servir leur pays

Sur un autre plan, il est quasiment évident que le marché parallèle gangrenait l’économie nationale et sapait notre industrie. Une cellule doit se mettre en place pour examiner ce dossier. Le clan Ben Ali/Trabelsi tirait des sommes colossales des ‘impositions’ sur les commerçants. Est-ce qu’il serait avantageux que les caisses de l’Etat prennent la relève pour une imposition régulière ou serait-il plus utile de mettre fin à ce marché ? La question mérite un examen profond.

Enfin, les questions des réformes politiques s’imposent aussi comme des priorités. Il y a une nouvelle constitution à rédiger avec la participation de toutes les colorations politiques de ce pays désormais démocratique. Ce n’est pas une mince affaire.
Devrait-on commencer par les municipales pour faire tranquilliser les citoyens sur leur proximité immédiate ? Devrait-on plutôt mettre en route les mécanismes d’un conseil constitutif pour rédiger une constitution ? Devrait-on opter pour un régime parlementaire ?
Plusieurs choix se posent et la question mérite d’être examinée avec tout le doigté requis.

Le gouvernement de transition a beaucoup de pain sur la planche et il a besoin de temps pour mettre en place ses réformes. Croisons les doigts pour qu’il parvienne à mettre le pays sur le droit chemin.

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