« Les champignons tunisiens sont infestés de vers», le journal koweitien de langue arabe Al Watan n’y va pas avec le dos de la cuiller. Un titre tapageur pour une brève qui rapporte la saisie de « grandes quantités » de champignon avarié en provenance de Tunisie par les contrôleurs aéroportuaires.
L’info somme, toute banale, a été révélée à la presse par la directrice de l’administration koweitienne des denrées alimentaires importées en personne. Une information qui serait passée inaperçue dans un contexte ordinaire. Mais justement, le monde arabe traverse une période extraordinaire et l’aspiration à la liberté et à la dignité qui secoue les pays arabes du Maroc au Bahreïn a eu comme déclencheur la révolution tunisienne du 14 janvier. Les régimes en place, notamment celui du Koweït, sans l’avouer publiquement, expriment une grande hostilité envers la transition démocratique en Tunisie et ne ménageront pas leurs efforts pour la dénigrer, voire la ralentir ou la saboter. Dans de telles circonstances, 425 kilos de champignon avarié c’est du pain béni pour l’administration koweitienne qui n’a pas hésité à répandre l’affaire à travers la presse.
Une petite affaire qui n’écorne pas gravement l’image de la Tunisie mais qui aurait pu être facilement évitée, mais c’était sans compter sur la pagaille qui règne actuellement à Tunisair et des marchandises qui pourrissent dans les hangars de fret aérien. Il faudra, sans doute, user de beaucoup de pédagogie pour convaincre ces syndicalistes virulents se découvrant une seconde jeunesse et les travailleurs de l’impact d’actions désordonnées sur la roue de l’économie tunisienne dans son ensemble mais également sur leurs propres conditions de travail. Revendiquer, défendre ses choix, user de sa liberté tout en assumant ses responsabilités : un long processus d’apprentissage qui attend le citoyen tunisien.










