La commission nationale d’établissement des faits sur les abus au cours des derniers événements a tenu, vendredi 11 mars 2011, une conférence de presse au cours de laquelle, son président Taoufik Bouderbala s’est illustré par un discours académique ressemblant de près à un cours d’histoire politique internationale, long et ennuyeux pour certains, et qui n’a su assouvir la soif d’aucun journaliste présent.
Les représentants de la commission devaient répondre clairement aux différentes questions posées par les journalistes, afin d’éliminer toute incompréhension ou confusion tournant autour de la commission, surtout suite à la cessation des activités de la Commission d’investigation sur la corruption et les malversations, présidée par Abdelfattah Amor.
En réalité, aucune réponse claire n’a été donnée. Toutes les répliques étaient assez vagues, se concentrant autour d’une unique idée, celle que la commission n’a aucun pouvoir udiciaire et ne pouvant donc intenter aucune action en justice, chose que les présents savaient auparavant.
Les noms des personnes mouillées dans les affaires de meurtres par balles ou torture, leur nombre, les dossiers déjà livrés à la justice, la possibilité d’existence en Tunisie d’armes israéliennes ayant servi à l’assassinat de plusieurs Tunisiens, les prisonniers brûlés et tués durant les évènements… autant de questions auxquelles on n’a pas trouvé de réponse auprès des intervenants. « Je ne suis pas madame soleil ! », ajoute Taoufik Bouderbala, président de la commission.
Par ailleurs, afin de calmer les journalistes qui s’impatientaient, M. Bouderbala a déclaré qu’à partir de la semaine prochaine, des commissions régionales seront mises en place, afin d’assurer une meilleure couverture du territoire tunisien et pouvoir répondre aux nombreuses réclamations.
Il a, d’autre part, souligné à moult reprises que la commission ne traitera pas les dossiers des faits se produisant avant le 17 décembre 2010, du fait qu’ils ne font pas partie des événements de la révolution.
« Nous ne sommes pas supplétifs de la justice », insiste t-il en définissant le rôle de la commission comme un intermédiaire entre les citoyens et toutes autres institutions, notamment la justice, le corps médical au besoin (surtout la cellule psychologique)…
Des propos assez flous qui nous poussent à nous poser plusieurs questions sur le fonctionnement de cette commission, plus particulièrement son avenir…










