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L’heure est grave !

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    Par Taieb Zahar

    Ces derniers jours, les Tunisiens vivent on live une série d’incidents tout aussi graves les uns que les autres. A priori sans lien entre eux quant à leurs natures ou quant aux lieux dans lesquels ils se sont produits.

    Jugez en : Revendications avec usage de la violence de la part d’employés d’une usine de production de chaussures industrielles (J.A.L) destinées à l’exportation et qui fait travailler 4500 personnes à Menzel Bourguiba. Traumatisé, le patron de cette entreprise étrangère, qui avait choisi notre pays pour son climat de sécurité, décide de fermer boutique. Avec toutes les conséquences que l’on peut deviner sur le personnel de cette entreprise d’abord et sur les 3000 entreprises étrangères installées en Tunisie et qui emploient plus de 300 000 personnes, ensuite !

    Sit-in de Kasbah (3) vendredi dernier qui tourne à l’affrontement entre forces de l’ordre et manifestants qui ont mis en émoi le centre ville de la capitale jusqu’à une heure tardive de la nuit.
    Manifestations de près de 2000 personnes à Sidi Bouzid pour destituer le gouverneur. Ce dernier n’a dû son salut qu’à l’intervention de l’Armée- Climat d’insécurité à M’dhilla (gouvernorat de Gafsa) amenant les autorités régionales à décréter le couvre feu de 21heures à 5 heures du matin.
    Circulation interrompue ce lundi sur l’autoroute Hammamet-Sousse par une bande de manifestants pour je ne sais quelle raison. Et pour couronner le tout : prière collective sous l’instigation des partisans de Hezb Tahrir devant le ministère de l’Intérieur. Ultime provocation de la part de ceux qui estiment que le drapeau est un héritage colonial et qu’il ne faut plus raisonner en pays distincts mais en oumma islamique qui a la chariâ pour unique législation.

    La liste de ces incidents n’est pas hélas exhaustive. Il est fastidieux de tout énumérer. Même si le Tunisien redécouvre aujourd’hui l’insécurité avec la multiplication des braquages et des agressions de toutes sortes de jour comme de nuit, il ne peut admettre que le pays glisse petit à petit vers le chaos. Et que l’espérance de liberté engendrée par la révolution devienne un cauchemar.

    Comment en sommes-nous arrivés à cette situation ? Le Premier ministre Monsieur Béji Caied Essebsi a, dès son arrivée, placé la sécurité comme la priorité des priorités de son action. Le constat aujourd’hui est clair : on est très loin des résultats escomptés et la nomination du nouveau ministre de l’Intérieur Monsieur Habib Essid ne change encore rien à la donne. A qui la faute ? A l’ancien ministre de l’Intérieur Monsieur Farhat Rajhi à qui on reprocherait un certain laxisme notamment pour ne pas avoir assaini avec discernement les services du ministère de l’Intérieur ? Au ministère de la Justice qui semble être dépassé par l’ampleur et la complexité de la tâche ?

    Il y a évidement tout cela, mais pas uniquement. La véritable volonté de déstabilisation est à chercher du côté des courants politiques de l’extrême gauche et l’extrême droite (groupuscules intégristes islamistes) que lient objectivement des intérêts communs. Pas de transition démocratique paisible. Il faut instaurer un état prérévolutionnaire pour s’accaparer le pouvoir.

    Pour arriver à cet objectif, il faut paralyser le pays. Agir de telle sorte que ceux qui ne possèdent rien soient plus nombreux que ceux qui ont encore quelque chose à préserver – quitte à sacrifier les acquis des 50 dernières années.
    Pour arriver à ce résultat, tous les moyens sont bons. Premièrement user des promesses démagogiques en promettant tout à tout le monde : le travail pour tous. L’Etat devenant pratiquement l’unique employeur en confisquant tous les moyens de production du secteur privé, la santé gratuite, le transport gratuit etc.…Vendre les mêmes illusions que les partis communistes dans l’ex Europe de l’Est dans les années 50.

    Deuxièmement en investissant le champ social en distribuant de l’argent aux plus démunis grâce à des moyens financiers dont on peut aisément deviner la provenance et en promettant le paradis pour l’au-delà. L’absence d’Etat facilite la mise en application de cette stratégie du pire tout comme d’ailleurs elle fait renaître l’émergence du tribalisme qu’on croyait définitivement banni de notre pays.

    Ces forces extrémistes, qui ont pactisé pour arriver à leur fin, doivent pour cela saborder l’économie sous couvert de revendications légitimes. Si jamais la machine économique se mettait de nouveau en marche et que le pays retrouve la croissance (même faible) nous aurons toutes les chances de choisir démocratiquement un projet de société plus conforme aux aspirations de la grande majorité de notre peuple.
    Ces forces du «mal» ne pourront nullement alors jouer un rôle significatif. Le véritable enjeu est là : Préparer pour nos enfants une Tunisie démocratique et prospère fière de ses origines arabo-musulmanes mais également ouverte à son environnement méditerranéen ou remplacer la dictature de Ben Ali par une dictature islamo-prolétarienne pour les 30 prochaines années.

    Afin de barrer la route à la nouvelle dictature que certains nous promettent, il n’y a plus de place à l’expectative. Il est impératif que l’UGTT, la société civile, les partis politiques (qui militent pour la démocratie et l’alternance par les urnes), les medias (qui ne doivent pas être neutres pour ce combat civilisationnel) et la majorité silencieuse se mobilisent pour faire front et réussir les élections du 24 juillet et n’accepter aucun report pour mettre un terme le plus tôt possible à la déstabilisation du pays.
    Aujourd’hui,il est encore temps d’agir. Demain ça sera, sans doute, trop tard !

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