Depuis le mardi 5 avril 2011, le personnel de la Banque Franco-Tunisienne (BFT) est en grève. Le premier responsable, Mounir Klibi aurait été sommé de dégager de ses bureaux. C’est le syndicat de la banque qui aspire, désormais, à gérer les affaires de la BFT !
Ce personnel, du moins ses représentants syndicaux, se disent déçus par la gestion actuelle, mais surtout « inquiets quant à l’avenir de la BFT ».
Ce personnel (230 employés environ) pense faire entendre sa voix et évoque, même, la possibilité de nommer, via élections, une nouvelle direction !
Comprendre que ni la tutelle (ministère des Finances) ni l’actionnaire majoritaire détenant 78,16% (la Société tunisienne de Banques – STB), n’auront leur mot à dire.
Avec un ministère qui préfère l’attentisme et la STB qui demeure, encore, sans direction générale (ni PDG, ni les deux DGA comme stipulent les statuts) le champ est libre pour l’opportunisme.
Il est fort probable que le retour à la surface de l’affaire Bouden y serait pour quelque chose. Car, il y aurait des conséquences sur la tant attendue privatisation de la banque.
En effet, la CIRDI (Centre International de Règlement des Différends liés aux Investissements) et qui relève de la Banque mondiale s’est jugé compétent pour statuer sur la plainte contre l’Etat tunisien déposée par l’ABC Investments, contrôlée par l’ancien actionnaire de la BFT.
Une information qui reviendrait à « plomber » le processus de privatisation de la BFT. Car, depuis septembre 2010, la STB a retenu la Banque d’affaires de Tunisie (BAT) en tant que
«conseiller exclusif » pour la transaction de cession du bloc d’actions de la STB dans la BFT à un « investisseur stratégique, ayant la capacité à gérer et à développer une banque ».
Mais, après cette action de grève et d’ingérence, c’est plutôt le personnel et le syndicat de la BFT qui se tirent une balle dans le pied. Car, après ce qui s’est passé hier, qui voudrait acquérir une banque avec pareils agissements ?










