Le Fonds monétaire international (FMI) a publié, lundi 11 avril 2011, ses dernières statistiques dans son rapport "Perspectives de l’économie mondiale", selon l’AFP. Il en ressort que la croissance économique en Tunisie a été révisée à la baisse à 1,3% en 2011, contre un taux de 4,8% prévu en octobre et 3,7% en 2010.
«Le déclin attendu dans le tourisme et des investissements étrangers directs a affecté d’autres secteurs économiques», indique le FMI, avertissant que la persistance des troubles pourrait aggraver la situation.
Pour la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), la vague de contestation a mis la pression sur la croissance dans plusieurs pays de la région, a averti le FMI. Ce dernier a révisé à la baisse le taux de croissance dans la région à 4,1% en 2011, contre 4,6% prévu en janvier, date du début des révoltes arabes.
«L’extension de la contestation sociale, la hausse des primes de risque et l’augmentation des prix des marchandises à l’importation vont entraver les perspectives de croissance économique dans plusieurs pays de la région MENA», indique le rapport.
«Bien que des perspectives économiques à travers la région MENA soient diverses, une réévaluation en cours risque de faire monter les coûts d’emprunt», ajoute le document.
Pour l’économie mondiale, le FMI a estimé que les perspectives étaient «bonnes», sauf à imaginer un choc pétrolier, notant cependant que la croissance est insuffisante pour faire chuter des taux de chômage élevés. Ainsi, le fonds a laissé inchangée sa prévision de croissance mondiale établie en janvier, à 4,4% en 2011, après 5% en 2010. Cette croissance se fait toujours à «deux vitesses», rapide dans les pays émergents et en développement (6,5% prévus), plus lente dans les pays développés (2,4%).
«Les perspectives économiques pour 2011-2012 sont bonnes, en dépit de la volatilité à nouveau causée par les craintes de perturbations de l’offre de pétrole», a relevé le FMI dans ses «Perspectives économiques mondiales» semestrielles.
«Le principal risque pour la croissance concerne l’éventualité que les prix du pétrole surprennent de nouveau par leur vigueur à cause de perturbations dans l’offre», ajoute le FMI.
Son hypothèse principale repose sur un baril à 107 dollars en moyenne en 2011.
Mais le FMI en a examiné une autre où cette moyenne s’établirait à 150 dollars (contre 79 en 2010). Dans ce cas, les pays développés, l’Asie et l’Afrique subsaharienne perdraient 0,75 point de croissance, l’Amérique latine 0,5 point, et les pays producteurs de pétrole verraient leur croissance s’élever.
Quant aux économies émergentes, elles «doivent se protéger contre la surchauffe et l’explosion du crédit».
A court terme, a relevé le Fonds, le problème économique le plus urgent pour de nombreux pays de la planète réside dans «les fortes hausses des prix de l’alimentation, qui entraînent d’autres difficultés sociales».
Or «les troubles sociaux au Proche et au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pourraient mettre encore plus de pression sur les prix de l’alimentation si les gouvernements des grands importateurs de céréales dans la région et au-delà augmentent leurs achats», a prévenu le FMI.










