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Béji Caid Essebsi : «Est-ce qu’en politique, on peut parler de sincérité ?»

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    Interviewé par Christophe Boltanski du « Nouvel Observateur », le chef du gouvernement provisoire tunisien, Béji Caïd Essebsi, alors en visite à Paris a traité, en premier lieu, de la situation économique en Tunisie. Il a affirmé que l’économie n’est pas florissante mais qu’elle se redresse progressivement. En évoquant la saison touristique, il a émis le souhait de voir une saison « moins mauvaise que prévu » et de regagner la confiance des touristes.

    Concernant les attentes de la Tunisie de la réunion du G8, à Deauville en France le 27 mai, le Premier ministre a déclaré que la Tunisie entreprend un plan de développement d’un montant de 125 milliards de dollars, dont seulement 25 milliards seraient couverts par la communauté internationale sur cinq ans et que la Tunisie aurait besoin d’un décaissement immédiat de la première tranche uniquement. L’appui du président du G8, Nicolas Sarkozy pourrait donner le coup de pouce à cette collaboration. D’ailleurs, il déclare que la mauvaise image du gouvernement français par rapport aux Tunisiens est désormais effacée, et que « le gouvernement regarde vers l’avenir, beaucoup moins vers le passé ».

    Traitant de l’affaire des déclarations de l’ancien ministre de l’Intérieur Farhat Rajhi, M. Caïd Essebsi a affirmé que les propos concernant l’éventuel putsch militaire si les islamistes d’Ennahda remportaient le scrutin, ne sont nullement fondés. L’armée, dit-il, est républicaine et ne cherche pas le pouvoir, sinon elle l’aurait pris le jour du départ de Ben Ali.
    Par ailleurs, M. Caïd Essebsi, répondant à une question sur la menace terroriste, a affirmé que les forces de sécurité et l’armée sont particulièrement vigilantes, notamment sur les frontières.

    Concernant la sécurité intérieure du pays et le rôle « des groupes liés à l’ancien régime » ou encore les agissements des extrémistes islamistes, le Premier ministre a affirmé que le RCD est dissout et que les extrémistes représentent une minorité, très marginale. « Aucun pays au monde n’est épargné par ce phénomène » a-t-il ajouté. Il a affirmé la légitimité de certains partis islamiques qui ont une existence légale et qui veulent participer aux élections.
    A propos de l’engagement effectif du parti « Ennahdha » précisément dans le processus démocratique, il a répondu : « en politique, peut-on parler de sincérité ?». Toutefois, il affirme n’avoir aucune raison de mettre la parole d’Ennahdha en doute.

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