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Tunisie – L’INS crie au scandale et dément le ministre des Affaires sociales

Une conférence de presse s’est tenue, mercredi 15 juin 2011, à l’Institut national de la statistique (INS) pour présenter sa méthodologie de travail concernant notamment le taux de pauvreté et le taux de chômage.

En fait, le taux de pauvreté, révélé récemment de 24,7% par Mohamed Ennaceur, ministre des Affaires sociales, a fait couler beaucoup d’encre (lire notre article à ce sujet). Bon nombre de Tunisiens ont été sidérés par ce chiffre, apprenant qu’un Tunisien sur quatre est pauvre. Un taux bien loin du chiffre de 3,8% communiqué par l’ancien régime (lire notre article à ce sujet) et réalisé par l’INS.

Ainsi et pour répondre à ses détracteurs, l’institut a tenu ce point de presse pour mettre les point sur les "i ". Les statistiques élaborées par ses soins sont reconnues par la majorité des organismes internationaux (FAO, Unesco, B.I.T., U.I.T., Banque mondiale, FMI). L’institut suit des méthodologies internationales reconnues mondialement et n’a rien à se reprocher.
Habib Fourati, directeur central à l’INS, a précisé qu’aucune personne n’a interféré dans l’élaboration de son travail. Seul bémol qu’il note c’est leur incapacité de publier certains résultats : une loi leur interdisant ceci. L’institut devait avoir, donc, l’accord préalable du ministère de tutelle (ministère du Développement et la Coopération internationale). Ses données sont confidentielles et il ne peut pas les partager, même pas avec d’autres ministères.
Cependant, M. Fourati a expliqué que certains chiffres ont été publiés depuis 2007 dans un livre et qu’il fallait juste chercher les taux importants.
Selon lui, donc depuis 2007, l’institut a sonné le glas. Le taux de pauvreté révélé est juste. Il s’agit du taux d’extrême pauvreté, englobant 3,8% de la population soit environ 400 mille personnes qui vivent avec moins de 400 dinars par an par individu. En outre, les disparités entre les régions ont été, également, mises en relief, par l’institut qui a noté un taux de pauvreté de 12,8% dans le centre-ouest, 5,5% dans le sud-ouest, 3,8% dans le sud-est et 3,1% dans le nord-est.
Sinon, l’INS a mis en relief un autre chiffre de 11,4% relatif à la population vulnérable qui vit en dessous du seuil de 585 dinars par an par individu et qui concerne 1,2 million de personnes. Ce taux, indique le statisticien, est relativement bas par rapport au Marco (13%) et l’Egypte (18%).

Concernant le taux de 24,7% révélé par Mohamed Ennaceur, Habib Fourati estime que ce chiffre est totalement erroné. Pour lui, ce n’est pas le taux de pauvreté mais plutôt le taux de bénéficiaires des programmes sociaux qui englobent plusieurs personnes qui ne devraient pas y figurer mais qui y sont vu leurs relations avec l’ancien régime.

Concernant le taux de chômage, Habib Fourati a indiqué que l’institut suivait la définition de l’OIT. Pour être comptabilisé comme chômeur, il faut que le sondé n’ait pas travaillé une semaine avant le sondage (s’il est diplômé du supérieur et qu’il a fait une heure de peinture par exemple, il n’est pas comptabilisé dans les statistiques de chômage), qu’il soit un chercheur actif, qu’il soit prêt à travailler dans les deux semaines qui suivent le sondage et notamment qu’il soit inscrit dans un bureau d’emplois. En 2010 et selon cette définition, le taux de chômage a été de 13%. Les statistiques de 2011 seront prêtes vers la fin juin.
Un autre volet a été abordé lors de cette conférence, l’INS veut améliorer sa communication et son site. Il est dans l’attente d’une loi qui paraîtra dans le JORT la semaine prochaine et qui lui permettrait de divulguer une partie de ces données qui seront dorénavant accessibles sur son site en divers formats.

Notons que les statistiques concernant le taux de pauvreté pour 2011 sont en cours et que les taux présentés portent sur la situation en 2005.

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