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    Par Noureddine HLAOUI

    Parmi les objectifs de la révolution tunisienne, la liberté d’expression et de l’information figure aux toutes premières loges. Et effectivement, depuis le 14 janvier 2011, on assiste à un foisonnement des tribunes, des débats et des libres opinions à travers les différents supports médiatiques audiovisuels, écrits et électroniques.

    Tout le monde parle librement. Les leaders et représentants des partis et de la société civile, les représentants des corporations, les militants de tous bords, les politiciens, les économistes et les citoyens lambda.
    On a assisté, même et à maintes reprises, à certains « dérapages », d’où les « précisions » et autres mises au point. Les gens s’accusent, désormais mutuellement et publiquement. La plupart du temps sans preuve.
    Les représentants des partis se chamaillent et, passée la phase euphorique d’après la révolution et calculs électoraux obligent, ils ne se font plus de cadeaux.
    Le gouvernement transitoire et les différentes instances se lancent régulièrement des flèches, chacune des deux parties se prenant pour être plus légitime que l’autre.
    Les magistrats et la Commission d’enquête sur la corruption et les malversations ne se sentent pas, les magistrats ne reconnaissant même pas l’existence de cette Commission qui ne rate pas une occasion, dont pas plus tard que samedi, de les accuser de « lenteur injustifiée ».

    Et dans le secteur de l’information, qui devrait refléter le nouvel état d’esprit en matière de liberté d’expression, les journalistes ne sont pas demeurés en reste. On les a vus lors du dernier congrès électif. Et sans entrer dans les détails ni prendre parti pour les uns ou les autres, force est de reconnaître qu’ils ont donné une piètre image et un sinistre état des lieux.
    Comment peut-on en dire autrement au moment où tout le monde menace de « descendre » tout le monde, où tout le monde provoque tout le monde et où tout le monde se la joue plus révolutionnaire que tout le monde.
    Il serait de bon aloi, à ce propos, de ne plus banaliser le terme et le concept de «révolution » et de ne plus en faire un moyen de surenchère, car la révolution est celle de tous les Tunisiens.
    Il est utile de mettre en exergue, toutefois, que le congrès s’est déroulé, pour la première, sans tutelle d’aucune partie officielle ou officieuse et en toute transparence. Et c’est déjà un acquis énorme.

    Au milieu de ce paysage, peu reluisant, qu’en est-il de l’information proprement dite ? Les sources d’information sont-elles plus ouvertes et plus accessibles qu’auparavant ?
    Les officiels et les responsables acceptent-ils la critique, l’avis contraire et les infos qui les dérangent ? Pas évident…
    Dans cette nouvelle jungle – et c’est compréhensible pourvu que ça ne dure pas encore trop – les Tunisiens sont ils correctement et bien informés ? Pas évident…

    Tout d’abord, et plus de cinq mois après la révolution, aucun officiel n’a daigné dire aux Tunisiens ce qui s’est passé exactement en cette mémorable journée du 14 janvier 2011…
    Aucun officiel n’a daigné dire aux Tunisiens ce qu’il en est des procès tans attendus d’Ali Seriati et des frères Trabelsi et autres Abdelaziz Ben Dhia, Abdelwahab Abdallah et Abdallah Kallel, alors que les proches et les avocats de ces derniers y vont de leurs thèses qui mettent à mal le système judiciaire tunisien.
    Aucun officiel n’a daigné dire aux Tunisiens ce qu’il en est d’une manière concrète des snipers et des personnes arrêtées lors des divers moments de dérapages sécuritaires.
    Aucun officiel n’a daigné dire aux Tunisiens, par exemple, pourquoi la justice a relâché plus de 120 personnes arrêtées dans les émeutes sanglantes de Bab El Jazira.

    Personne n’a daigné dire aux Tunisiens pourquoi, par exemple, des directeurs de la radiotélévision tunisienne sont montrés du doigt alors que d’autres, pourtant à la tête de cette institution plusieurs années durant et lors des affaires supposées les plus sombres, n’ont pas été cités, ni de près ni de loin.
    Personne n’a daigné dire aux Tunisiens pourquoi certains ministres, ayant occupé des postes sensibles, sous l’ancien régime n’ont pas été traduits devant un juge d’instruction, ni même cités, alors que d’autres ont été convoqués et interrogés alors qu’ils avaient des portefeuilles beaucoup moins importants, et pour des motifs relativement banals telle cette question de fonctionnaires en détachement.

    C’est dire que plusieurs points d’interrogations et de zones d’ombre restent sans éclaircissements à cause du manque, pour ne pas dire absence d’information précise, concrète et objective.
    C’est à croire que nous disposons d’une liberté de façade sans changements profonds quant au fond.

    Les gens de la professions sont appelés, ainsi, à laisser de côté les chamailles personnelles et d’essayer de trouver les moyens de jouer leur rôle d’investigation et de recherche de la vraie info afin d’éclairer la lanterne des Tunisiens.

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