D’après le Nouvel Observateur, un jeune autiste tunisien de 19 ans et sa mère ont été refoulés à deux reprises d’un vol de Tunisair au départ de Toulouse par le même commandant de bord, a indiqué la mère, Raouia Bouterâa, jeudi, à l’AFP.
Selon le quotidien la Dépêche du Midi qui rapportait l’information, le commandant estimait que le jeune homme, Sofiène, était trop agité. Sa mère assure "qu’il donnait simplement des petits coups dans le dossier".
Tunisair, qui n’est pas mise en cause par la famille, a promis à Mme Bouterâa de l’aider, selon Soulafa Mokaddem, haut responsable à la compagnie à Tunis, contactée par business News. Mme. Mokaddem a précisé que la réglementation en matière de navigation aérienne stipule, que tout passager atteint d’handicap se doit de présenter au préalable un certificat médical attestant son innocuité ainsi que le nombre de personnes devant l’accompagner lors du vol. Ce dernier détail n’a pas été mentionné au certificat de Sofiène, d’où le refus du commandant de bord de l’embarquer. L’embarquement du jeune homme à bord de l’avion sans l’aide de personnes qui le prennent en charge pourrait être dangereux pour tous les passagers, a ajouté la responsable de la compagnie.
Cependant, Mme Bouterâa dit avoir porté plainte contre le commandant de bord auprès de la police de l’air et des frontières (PAF) à l’aéroport de Toulouse-Blagnac pour "discrimination".
Dimanche, "il faisait très chaud, l’avion avait du retard, tous les passagers étaient énervés. Mon frère est perturbé et un peu agité certes, mais il n’est absolument pas un danger ", a précisé à l’AFP la sœur du jeune homme, Sarah. Lundi matin, détaille-t-elle, le jeune autiste a été vu par son médecin généraliste, qui lui a prescrit quelques gouttes de valium à prendre avant le vol, pour éviter tout mouvement d’humeur. Le mardi, Mme Bouterâa et son fils n’ont même pas été autorisés par le commandant de bord à entrer dans l’appareil, même si le jeune homme était "amorphe", a assuré Sarah Bouterâa avant d’ajouter : "C’est discriminatoire, c’est inhumain, c’est un scandale !".
Dans un communiqué rendu public, la compagnie Tunisair présente ses excuses pour ce déplorable incident subi par Mme Bouterâa lors de ses deux voyages prévus à bord de Tunisair , au départ de Toulouse en compagnie de son fils. Une enquête minutieuse a été menée auprès de l’équipage concerné ainsi que le représentant à Toulouse.
Il s’est avéré, suite à cette enquête, d’après le communiqué, que « selon les procédures internationales en vigueur et dictées par les manuels du transport aérien, le commandant de bord doit impérativement être en possession d’un document médical officiel attestant de l’innocuité du passager et du nombre d’accompagnateurs nécessaires. Cette information n’ayant pas été mentionnée dans le certificat médical, l’équipage était dans l’obligation de débarquer le passager afin de veiller à la sécurité du reste des passagers.
En conclusion du même communiqué, « Tunisair regrette vivement cet incident et présente, de nouveau, ses excuses les plus chaleureuses à la famille dont le voyage sera organisé dans de bonnes conditions avec tous les éléments médicaux nécessaires pour assurer son retour au pays ».










