Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Caïd Essebsi met les Tunisiens devant leurs responsabilités

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

    Face aux derniers événements gravissimes, enregistrés dans la capitale et dans plusieurs régions du pays – et qui ne semblent pas prêts à cesser –, le Premier ministre a, brossé un récapitulatif des principales étapes ayant marqué son parcours à la tête du gouvernement et ses rapports avec la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, et a rappelé sa mission principale : mener le pays aux élections et à une date précise et immuable : le 23 octobre. Mais encore une fois, il a été évasif sur certains points ayant marqué les récents événements sécuritaires, en soulignant leur gravité et en omettant, sciemment, de désigner clairement les responsables (identifiés) de ces derniers débordements.

    En effet, après avoir fait un rappel des principales péripéties depuis son arrivée à la tête du gouvernement, à savoir la levée du sit-in de la Kasbah 2, la création de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution et la Commission supérieure indépendante des élections ainsi que le consensus pour la tenue des élections de l’Assemblée constituante le 23 octobre 2011, Béji Caïd Essebsi a évoqué les tiraillements ayant marqué les débats et les relations entre les membres de ladite haute instance avec des retraits et des critiques qui marquent négativement son travail.
    En ces mêmes moments, des sit-in et des grèves dans secteurs vitaux ont été enregistrés, plus particulièrement dans les domaines des phosphates, de l’énergie, de l’électricité, et des ports. Et en dépit du caractère illégal de ces actions, ajoute M. Caïd Essebsi, le gouvernement a opté pour le dialogue.

    Et c’est à ce propos que le bât blesse dans la mesure où le Premier ministre a multiplié les accusations, claires quant au contenu, mais vagues et floues quant aux auteurs des actions de violences.
    Il s’agit, en fait, de partis politiques, précisera encore le Premier ministre sans les citer, qui ont peur d’affronter l’opération électorale susceptible de révéler leur vrai poids. Ils veulent, donc, saboter le rendez-vous du 23 octobre, d’où les manifestations sporadiques et les actes de violences dans le but évident de créer un climat de tension et de chaos.
    Des attaques délibérées et simultanées dans plusieurs villes dont Menzel Bourguiba, Bizerte, Sidi Bouzid, Regueb et autres, ont visé des établissements sécuritaires, administratifs, économiques et même sanitaires, ce qui prouve, si besoin est, qu’il ne s’agit nullement de protestations mais bel et bien d’un plan de déstabilisation

    Il est à mentionner, à ce propos, que M. Caïd Essebsi procède de la même manière que les autres accusateurs. C’est-à-dire qu’il lance des accusations sans citer les parties visées se contentant de dire : « des parties que tout le monde connaît ».
    Ainsi, au lieu d’éclairer la lanterne du citoyen, cette approche ne peut, au contraire, que semer le doute et le trouble dans l’esprit des gens et chez l’opinion publique. En restant dans les généralités de « la droite, de la gauche et des petits partis politiques », cela n’aide en rien dans la recherche de la vérité et dans l’assainissement du climat social.
    Que chaque partie ayant commis des actes contraires à la loi et qui tente de porter atteinte aux intérêts du pays et des citoyens, soit montrée clairement du doigt afin qu’elle assume ses responsabilités et en rende des compte à la communauté nationale.
    Il en est de même lorsque Béji Caïd Essebsi parle de certains médias qui contribuent à l’incitation à la violence et qui ne recherchent que le sensationnel. Là aussi, il serait de bon aloi qu’il désigne les médias par leurs noms et désigne clairement ce qu’il leur reproche.

    Pour le reste, le Premier ministre a réitéré la neutralité de son gouvernement et son engament à partir dès l’avènement de la Constituante, chargée de désigner un nouveau cabinet gouvernemental.
    Béji Caïd Essebsi a été clair et réaliste, d’autre part, en avouant que le gouvernement provisoire ne peut, à lui seul, mener la barque de la sécurité et de l’économique à bon port. Les partis politiques et les citoyens sont appelés à mettre la main à la pâte et à s’impliquer davantage dans la chose publique.
    L’exemple de l’étape des examens du baccalauréat est encore présente dans les esprits lorsque les citoyens, plus particulièrement les parents d’élèves, ont constitué des comités de défense pour empêcher toute agression et tout débordement. Une action qui a remarquablement réussi avec zéro incident mentionné.
    Il en est de même en cette période délicate précédant le scrutin du 23 octobre. « Une échéance qui sera respectée et tenue, arrivera qu’arrivera », martèlera M. Caïd Essebsi, mais à condition que tous les Tunisiens y croient et mettent la main dans la main pour la faire réussir

    A relever le passage entier réservé par le chef du gouvernement dans son discours succinct au «rôle positif joué par les forces de l’ordre et de l’armée » auxquelles il a rendu un hommage appuyé. Ces forces se sont opposées, logiquement aux dernières attaques et, au moins, quatre agents se trouvent dans un état de santé très grave après avoir été touchés dans des endroits sensibles et mortels de leurs corps.

    Tout en se félicitant du dévouement des forces de l’ordre et de l’armée, Béji Caïd Essebsi a conclu en affirmant que le gouvernement ne restera pas les bras croisés et fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire régner la sécurité et le calme dans le pays.
    Tâche, certes ardue mais réalisable pour peu que les efforts de tous soient conjugués et versent dans le même sens, à savoir celui de l’intérêt de la Tunisie et des Tunisiens.
    Le discours du Premier ministre du lundi 18 juillet 2011 met, in fine, les Tunisiens devant leurs responsabilités : ce pays est le nôtre et il est en crise. Voilà ce qui s’y passe, voilà ce que je fais, voilà ce que vous devez faire pour le sauver.
    Et on ne peut pas l’accuser de mauvaise foi puisqu’il a rappelé à plusieurs reprises qu’il tient absolument à respecter la date du 23 octobre et qu’il n’a aucun autre objectif politique, après cette date, ni lui ni son gouvernement.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *