Il semblerait que le gouvernement tunisien, du temps du régime de Ben Ali, n’était pas le seul à vouloir contrôler la presse tunisienne. En effet, d’après un câble de l’ambassadeur américain à Tunis en date du 25 avril 2007 et rendu public sur le célèbre site Wikileaks, le 30 août 2011, certains organes de presse auraient été financés par le MEPI (l’Initiative de Partenariat avec le Moyen-Orient et dont le bureau est basé à l’ambassade américaine à Tunis) dans le but de redorer l’image des Etats-Unis, ternie par la guerre en Irak.
Le câble, adressé à Washington par Robert Godec, ambassadeur des Etats-Unis à Tunis, mentionne une affaire qui touche Ridha Kéfi, journaliste, à l’époque à l’hebdomadaire L’Expression, et actuel patron de Kapitalis, qui serait « en partie derrière une demande de subvention » accordée à la maison d’édition DEFI-SARL.
DEFI-SARL est la maison d’édition de l’ « Expression » qui avait signé une convention avec le MEPI ayant permis le financement de quatre tables rondes, organisées et dirigées par Ridha Kéfi. De nombreuses personnalités tunisiennes ont été conviées à ces tables rondes autour de thèmes liés à l’économie et à la démocratie et dans lesquelles des diplomates américains prenaient la parole, notamment Godec. Les sujets abordés tournaient autour des intérêts américains en Tunisie et dans la région.DEFI-SARL s’est alors engagée à publier les comptes rendus de ces tables rondes dans les deux journaux Assabah et Le Temps.
Bien que ce télégramme soit classé « Confidentiel », le nom de Ridha Kéfi a été suivi par la mention « PROTECT » ("protéger la source"). Cette « protection spéciale » aurait été demandée par Ridha Kéfi, lui-même auprès du diplomate en charge des affaires politiques à l’ambassade US.
Bon à rappeler que, selon un article paru dans « Jeune Afrique », en date du 13 novembre 2007, le MEPI, en ciblant les leaders d’opinion dans le pays, met en place des programmes de financement hautement politisés et devant être conformes aux intérêts stratégiques de l’administration Bush.
« Le montant des subventions permanentes qu’il alloue à certains programmes-pilotes avoisine le million de dollars. Mais il existe des subventions ponctuelles d’un montant inférieur (entre 200 000 et 900 000 dollars) et même des mini-subventions (entre 10 000 et 25 000 dollars). Selon ses promoteurs, plusieurs milliers de personnes originaires du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont, depuis 2003-2004, participé à ces programmes »*.
*Jeune Afrique, article du 13/11/2007










