Refus catégorique de l’idée d’un référendum, vive condamnation de la partialité des télévisions et des radios privées, appel à la sanction des partis politiques qui poursuivent la publicité politique malgré l’interdiction de l’ISIE, appel aux autres partis et à la société civile à s’opposer à la « diversion » du référendum : tels sont les quatre points de la déclaration faite par la "coalition du 23 octobre" au cours d’une conférence de presse tenue vendredi 16 septembre.
Cette coalition est formée de 8 partis : le parti de l’Avant-garde arabe démocratique, mouvement Baaâth, Alliance nationale pour la paix et la prospérité, Ennahdha, parti de la Réforme et du développement, Mouvement du peuple unioniste progressiste, le Parti du congrès pour la République, Mouvement de l’union populaire. Tous, excepté le premier parti cité, étaient présents à la conférence de presse.
Une Constituante limitée dans ses prérogatives est contre la volonté du peuple, semblent s’entendre les représentants des partis présents. Le peuple entier et tous les spécialistes du droit constitutionnel ont réclamé cette constituante, considère Noureddine B’hiri. A ses yeux, aucun doute, une collusion claire entre les médias privés (c’est de Nessma et Hannibal qu’il s’agit, avouera plus tard Mabrouk Korchid du Mouvement du peuple unioniste progressiste), certains milieux d’affaires et quelques partis, tend à favoriser la réémergence des résidus du RCD dissous.
Ibrahim Hayder du Mouvement de l’unité populaire , plus virulent, et plus brouillon dans son intervention, s’en prend, tour à tour, à la mollesse de l’ISIE qui n’arrive pas à faire respecter ses décisions, au « régime dictatorial » de BCE que rien ne contrôle et qui sévit sous le silence complet de la presse, aux médias, aux campagnes « immorales » coûtant des milliards, selon ses dires.
Ahmed Nejib Chebbi, sans être nommé, est vertement pris à parti. "Des milliards pour nous montrer leur visage dans les rues alors que cet argent pouvait servir à construire des usines dans les régions défavorisées", lâche sans sourciller Ibrahim Hayder. "A peine débarrassés d’un dictateur, on réclame des élections présidentielles, une telle ambition personnelle est insupportable et cynique", poursuit-il.
Concernant le référendum, aucun doute possible, c’est l’œuvre des forces contre-révolutionnaires (« Redda »).
Commentant la feuille de route pour la Constituante signée par onze partis, Othman Belhaj Amor du Baâth estime que ces propositions sont, en elles-mêmes, parties intégrantes de programmes et qu’elles n’engageaient donc que leurs signataires. Noureddine B’hiri élude une question de notre consoeur du Maghreb sur le financement d’Ennahdha estimant que ça ne concernait pas cette coalition ni les sujets abordés dans la déclaration commune. M. B’hiri rappelera, à plusieurs reprises, les devoirs de la presse en tant que contre-pouvoir, répétant qu’un média n’est pas un vendeur d’information.
Ce n’est qu’à la fin de la rencontre que Abderraouf Ayadi du PCR s’est mis à expliquer le rôle qu’aura à prendre cette coalition dans un sens large, et qui est de refuser l’opposition idéologique entre les supposés obscurantistes contre les supposés progressistes pour déplacer le débat sur une opposition révolutionnaires – contre-révolutionnaires.










