Mustapha Ben Jaâfar est presque sorti de ses gonds. « Nous avons refusé d’entrer dans le gouvernement Ghannouchi, Kasbah 1 et Kasbah 2 et ils lui ont dit dégage ». « Nous avons demandé une constituante et ils ont prôné une présidentielle dans les deux mois tout en maintenant la légitimité de la constitution de Ben Ali ». « Ils ont campé sur leurs positions pour maintenir les élections du 24 juillet ». « Et puis ils ont inventé cette histoire de référendum ». Droit dans ses bottes, la voix ferme, la mine sévère, le leader d’Ettakatol a défendu sa manière de faire. « Nous ne faisons pas de coup médiatique, nous n’occupons pas la rue pour un oui ou pour non ». « Certains nous trouvent timides, nous considérons notre attitude comme de la sérénité, un refus de compromis sur nos positions ».
Pourtant égal à lui-même, pendant près d’une heure, Mustapha Ben Jaâfar a présenté, devant la presse jeudi 22 septembre 2011, les préparatifs de son parti à j-10 de la campagne électorale. Une intervention en trois points : les préparatifs pour les élections, les états financiers du parti, et l’après 23 octobre.
Avec ses manières de praticien (BCBG diraient ses détracteurs), Dr Ben Jaâfar a longuement évoqué le difficile mais évident développement du parti. Mais c’est la deuxième partie de son intervention qui a le plus accaparé l’attention des journalistes. Ettakatol a renfloué ses caisses de la coquette somme de 1.153.000 DT, principalement par des donations (430 mille dinars de personnes physiques, 273 mille dinars de personnes morales). Presqu’un million de dinars a déjà été épuisé. Essentiellement pour les dépenses en communication : plus de 766 mille dinars soit 77% des sommes disponibles. Le leader d’Ettakatol explique que son parti s’en est tenu aux décisions de l’ISIE mais qu’il était impossible de ne pas suivre ses adversaires sur ce terrain, et leur accorder ainsi deux mois d’avance. « Une campagne d’affichage pour le parti et sans personnalisation de ses leaders ».
Pour l’après 23 octobre, aucune ambition excessive, Mustapha Ben Jaâfar a exprimé la volonté de son parti de chercher un consensus avec les formations politiques, les indépendants et la société civile. Fort de ses quelques 20.000 militants (1000 nouveaux militants par semaine en moyenne), Ettakatol a pour objectif de récolter entre 15 et 20 % des voix mais reste raisonnable dans ses ambitions. Le parti unique, c’est du passé. Pendant l’année ou les deux années à venir, la priorité est la stabilisation du pays, la relance économique et en finir avec le dégage.










