TuniVote a été lancé samedi 23 septembre 2011 à l’UTICA lors d’une conférence de presse. Qu’est ce que c’est exactement que TuniVote ? il est vrai qu’avec les 1570 listes candidates, on ne sait plus où donner de la tête. Se renseigner sur chacun des partis ou des listes indépendantes qui se font de plus en plus nombreuses, prendrait un temps fou et donnerait lieu à une grande confusion. Dans ce cas, comment choisir ? Et comment ne pas avoir un taux record d’abstention sous prétexte que l’on ne fait plus la différence ?
Consciente de ce problème, l’association Tunicomp, association regroupant des compétences tunisiennes vivant en Allemagne, en partenariat avec l’association NOU-R, a eu l’idée de développer un outil en ligne d’aide au vote, intitulé « TuniVote ». Naceur Chaâbane et Silmi Khanfir ont tous deux élaboré ce concept inspiré du modèle allemand et ce avec l’aide de Kais Khanfir et Maher Kallel ainsi qu’une trentaine de bénévoles. Cette initiative est née en mars 2011 et a pour but d’aider à la prise de décision. Elle n’oriente ou n’influence, en aucun cas, les résultats. Cet outil permet aux électeurs de découvrir leurs affinités avec les partis et de déceler ceux qui sont le plus proches de leurs convictions.
En effet, ce projet a pu voir le jour grâce à la coopération des partis qui ont accepté de répondre aux 56 questions du test. Alors comment ça marche ? A la base, le nombre des questions s’élevait a 150, puis conscients du manque de temps chez les partis mais aussi chez l’électeur ce nombre a été révisé à la baisse en le ramenant à 56 questions. Chiffre symbolique relatif à l’année de l’indépendance de la Tunisie en 1956.
Ces mêmes questions sont le test qui permet à l’électeur de comparer les points positifs mais aussi de voir les justifications liées aux réponses des partis. Les réponses sont sous forme de trois choix : « Pour » « Contre » « Neutre ». Ce test permet aux électeurs de concentrer leurs investigations sur les partis proches de soi, ce qui inciterait les Tunisiens à voter.
TuniVote permet, aussi pour les partis, de se présenter ainsi que de corriger les préjugés. Les questions couvrent des sujets tels le système politique, la politique économique, la politique sociale, l’éducation, la santé, la culture, les arts, la sécurité, la justice etc.
L’électeur doit d’abord aller sur la plateforme www.tunivote.net et répondre aux différentes questions, il peut « zapper » les questions que ne l’intéressent pas et accéder directement aux domaines qu’il juge importants. Ainsi, il peut comparer ses réponses avec au maximum neuf partis. Une fois le résultat obtenu, l’électeur peut, afin d’approfondir ses connaissances, par un simple click sur le logo du parti et accéder à la fiche du Parti qui existe sur le site web www.partistunisie.com . Ce site, élaboré par Nader Galalou, comprend les programmes de l’ensemble des partis existants sur la scène politique actuelle.
Pour ceux qui se demandent qui serait derrière un tel projet, susceptible de manipuler l’opinion publique et ainsi d’avoir une influence sur le résultat des élections, nous n’avons que la parole des programmeurs, entre autre Silmi Khanfir de l’association Tunicomp, qui assure que ce projet a connu zéro financement, mis à part le temps nécessité pour ce projet qui serait inqualifiable. Le coût total de cette initiative serait évalué à environ 5000 euros que les bénévoles, au nombre d’une trentaine, ont sorti de leur poche.
A une question posée relative aux personnes n’ayant pas accès à internet, et au reproche que cette initiative ne s’adresserait qu’à une rare minorité utilisant les ordinateurs, les concepteurs de TuniVote répondent que des bus citoyens faits par diverses associations se chargeront de faire le tour dans les coins les plus reculés afin de permettre au maximum de personnes de s’informer et surtout de pouvoir aller voter le jour J.
Ce projet est, comme tiennent à l’affirmer les concepteurs, à 100% tuniso-tunisien et serait donc dénué de toute manipulation étrangère, ce qui reste à prouver. Néanmoins, l’initiative permet d’avoir un GPS de la scène politique. Chose qui n’est pas infaillible mais qui peut être fort utile dans des moments d’égarement tels que le choix à faire le 23 octobre.










