Le texte débattu ce matin du 8 décembre 2011 est des plus délicats. Il s’agit de l’article 7 du projet d’organisation provisoire des pouvoirs. Cet article prévoit, en effet, de déléguer les pouvoirs exécutifs et législatifs, ou une partie, aux trois présidents (Président de l’Assemblée, de la République et le chef du gouvernement). La première mouture du projet prévoyait que ces pouvoirs soient entre les mains du seul Premier ministre.
Il est aisé de comprendre les dangers encourus par un tel article, surtout que les cas d’urgence ne sont pas détaillés et que la durée de cette délégation des pouvoirs n’est pas fixée. Les débats ont alors suscité de vives émotions, notamment de la part de Noômane Fehri, élu Afek Tounes, ému aux larmes lors de son intervention. Il a demandé à ce que les discussions sur cet article particulier soient reportées à une date ultérieure, en considération de son importance. « Nous connaissons le résultat si nous passons immédiatement au vote, a-t-il affirmé, mais nous ne pouvons pas nous permettre de prendre à la légère un article présentant autant de dangers et pouvant ouvrir la porte à une nouvelle dictature ».
Une fois n’est pas coutume, une élue du mouvement Ennahdha s’est également opposée au projet, tel qu’il est présenté, à contre-courant de son parti. Prenant en considération ces remarques, Mustapha Ben Jaâfar a demandé la suspension de la séance et enjoint la commission à se réunir pour tenter de trouver un terrain d’entente. Ce qui n’était pas du goût de Habib Khodhir, président de la commission, qui a affirmé que « cela ne servait à rien car la commission avait déjà donné son verdict ». Mustapha Ben Jaâfar, visiblement irrité par ce type de remarque a tout de même suspendu la séance et prié les parties prenantes à privilégier le consensus général.










