Le bureau des jeunes du mouvement Ennahdha a organisé, mercredi 14 décembre 2011, une conférence de presse pour annoncer l’officialisation du statut de leur syndicat, sous la dénomination « les jeunes d’Ennahdha à l’université ».
Les journalistes invités ont été accueillis par des chants religieux, suivis par une séance de récitation de coran par un des membres du bureau.
La conférence a été présentée par Abdelkrim Harouni et Zied Boumakhla, membres du bureau « vieux de 30 ans », et orchestrée par maître Sami Triki (chargé d’affaires politiques au sein du bureau des jeunes d’Ennahdha et membre du bureau politique du parti) qui assistait les conférenciers lors de leurs discours, contrôlant leurs réactions pour les pousser, discrètement, à être calmes et baisser la voix, lorsque ces derniers s’emportaient en réponse à une question des journalistes.
Après avoir rendu hommage aux jeunes étudiants islamistes qui ont offert à la Tunisie des « centaines de martyrs et des milliers de prisonniers politiques, de jeunes étudiants qui ont représenté une force poignante de la révolution et qui feront actuellement tout leur possible pour la réalisation des objectifs de la révolution », Abdelkrim Harouni a signalé que le but essentiel de la renaissance de ce bureau réside dans la rupture totale avec la dictature et la corruption qui existaient pendant l’ancien régime.
« On veut l’instauration de la liberté au sein des institutions universitaires… Aujourd’hui, une de nos priorités est de redonner la liberté aux étudiants islamistes, comme symbole de la révolution, et nous nous sommes bien préparés à cette année universitaire, la première après la révolution, qu’on espère exceptionnelle ! »
Rejoignant le discours de son collègue, Zied Boumakhla a souligné que les institutions universitaires tunisiennes vivent actuellement une crise profonde et ont besoin de réorganisation et d’encadrement. « Les universités tunisiennes sont très en retard par rapport aux autres institutions universitaires arabes et musulmanes », insiste-t-il.
Ainsi, le mouvement des étudiants sera leur « voix auprès du gouvernement ».
Par ailleurs, M. Boumakhla a présenté le programme du mouvement. Un programme qui ressemble à celui d’un parti politique, défendant des points « essentiels » tels que le renforcement de l’identité arabo-musulmane, le soutien des révolutions arabes et des mouvements de libération dans le monde ou encore l’opposition à la normalisation avec l’entité sioniste et la considération de la question palestinienne comme la cause centrale pour la population arabo-musulmane.
Un programme qui dans son ensemble, a suscité la curiosité d’un collègue de Mosaïque FM, comparant cette stratégie à celle adoptée auparavant par le RCD.
Une comparaison que M. Boumakhla a estimé déplacée et erronée, détournant l’attaque contre « certains journalistes tunisiens qui applaudissaient les actions de Ben Ali et qui n’ont jamais défendu les islamistes tunisiens. »
Suite à cette remarque, les questions des journalistes ont commencé à être accueillies par des huées et des moqueries de la part des membres du bureau présents à la conférence, suscitant l’énervement des journalistes qui ont boycotté la conférence, laissant les deux conférenciers seuls avec leurs sympathisants, dans ce qui devait être une rencontre avec la presse.










