Les autorités tunisiennes doivent permettre à des demandeurs d’asile d’entrer sur le territoire tunisien par la Libye et de se mettre en rapport avec des responsables des Nations unies qui se prononceront sur leur statut de réfugiés, a indiqué Amnesty International, mercredi 14 décembre 2011, dans un communiqué, alors qu’un nouveau groupe de demandeurs d’asile venait d’être reconduit à la frontière libyenne.
Selon l’ONG, samedi 10 décembre, les forces de sécurité tunisiennes ont ramené un groupe de demandeurs d’asile originaires d’Afrique subsaharienne à leur point d’entrée sur le territoire tunisien, situé à la frontière libyenne. Il s’agissait du dernier en date d’une série de renvois de ce type. Ce groupe de plus de 10 Somaliens et Erythréens comprenait une famille (incluant des nouveaux nés) et était arrivé au camp de réfugiés de Choucha en Tunisie la nuit précédente, après avoir été bloqué pendant des semaines du côté libyen du poste-frontière de Ras Jedir.
Or, étant donné que ces personnes ont informé les autorités tunisiennes de leur souhait de déposer une demande d’asile, leur besoin de protection internationale doit être évalué. Amnesty International estime qu’il existe un vrai risque que nombre de demandeurs d’asile soient victimes de violations graves des droits fondamentaux dans leur pays d’origine.
Le droit international interdit aux Etats de ramener les demandeurs d’asile à la frontière si cela conduit directement ou indirectement à leur retour dans un pays où ils risquent d’être victimes de graves violations des droits fondamentaux. Des réfugiés ayant récemment traversé la frontière tunisienne ont expliqué à Amnesty International que du côté libyen, des hommes armés obligent des personnes venues d’Afrique subsaharienne à effectuer des travaux forcés.
Amnesty International demande par ailleurs à la communauté internationale de proposer des lieux de réinstallation pour les réfugiés et demandeurs d’asile ayant fui le conflit en Libye, afin de répondre à leur besoin de protection.










