En première, le Syndicat de Magistrats Tunisiens (SMT) ainsi que l’Union de Magistrats Administratifs (UMA) ont conjointement organisé une assemblée générale à la cité des sciences de Tunis dans la matinée du dimanche 18 décembre 2011. Une présence massive des juges digne de celle d’un congrès, était au rendez-vous ; Des juges, motivés par l’importance et la gravité de l’heure, avec l’avènement des délibérations de la Constituante concernant la réglementation régissant le corps de la magistrature dans notre pays.
Raoudha Laâbidi, présidente du SMT a ouvert l’assemblée par un discours mettant en exergue notamment l’article 1er de la « mini-constitution » discutée et votée par les soins des membres de la Constituante. Mme. Laâbidi a rappelé qu’en comparant la première version présentée en projet dudit article, avec la version passée au vote, une phrase d’une importance cruciale « a sauté », celle où l’on précisait que le pouvoir législatif s’acquiert parmi les magistrats et non en dehors de ceux-là. Il ne s’agit absolument pas d’erreur ou d’oubli, selon elle, mais plutôt d’une mal intention de certains individus qui viseraient à intégrer une « mixité » artificielle en introduisant des universitaires et des avocats, or, les magistrats sont seuls capables, selon Mme Laâbidi, à gérer leurs problèmes, assainir le secteur et mettre en place la réglementation la mieux adaptée.
Deux postulats auxquels, aucune concession n’est possible, d’après la présidente du syndicat, celui du principe d’élection du comité législatif et l’appartenance de ces membres élus au corps de la magistrature exclusivement.
De son côté, Ahmed Souab, président de l’UMA a ajouté que les magistrats devraient faire leur propre révolution, qu’ils souffrent encore de la peur et ne sont réellement pas assez conscients de leur vrai poids. « Si nous entrons en grève, nous paralyserons tout le pays!».
Le conflit entre le SMT et l’AMT a ressurgi à la surface à plusieurs reprises, mettant en cause l’AMT et l’accusant d’être à l’origine des déviations et rectifications douteuses des textes de loi régissant la magistrature.
Prenant part à la discussion, plusieurs juges ont intervenu exprimant leur intention à « militer » afin de sauvegarder l’image intègre des magistrats, revendiquant d’enquêter sur les juges soupçonnés de corruption et appelant à protester contre la Constituante en organisant un sit-in en face de son siège au Bardo.
Après de longues concertations, les magistrats ont voté les différentes résolutions de l’Assemblée se résumant essentiellement à maintenir le principe de vote et non de la désignation des membres de la commission chargée, de choisir et d’élire ces membres parmi les magistrats uniquement et d’accorder un délai de deux mois à la Constituante afin d’instaurer une réglementation définitive «de peur de voir celle provisoire durer indéterminément ». Au-delà de ces deux mois, les juges déclarent prévoir d’entreprendre des mesures plus fermes qui seront décidées ultérieurement.
Mme Laâbidi a conclu par affirmer «qu’il est hors de question de minimiser ou de mettre en cause le rôle de la magistrature et que les juges n’ont pas encore dit leur dernier mot».










