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Tunisie- Laârayedh : «le phénomène extrémiste va probablement durer plusieurs années mais finira par s’essouffler»

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    La menace terroriste «a toujours existé en Tunisie», a estimé Ali Laârayedh, ministre de l’Intérieur, insistant sur le fait que «la réponse à l’extrémisme ne doit pas être uniquement sécuritaire», dans un entretien à l’AFP.

    «Il y a déjà eu les événements de Rouhia (deux militaires tunisiens tués en mai 2011), de Soliman (14 morts en 2007)», a-t-il rappelé.
    «Notre vigilance, je l’espère, va déjouer toute tentative de porter atteinte à la sécurité nationale», a ajouté le ministre. Avant de souligner que «le phénomène de l’extrémisme a plusieurs dimensions», et que «la réponse sécuritaire n’est pas la seule».
    «Il faut traiter ce phénomène avec l’éducation, les prêches religieux, l’information, la culture, la justice et la sécurité et y apporter des réponses socio-économiques», a insisté M. Laârayedh. «Il est injuste de nous accuser d’inertie» vis à vis des salafistes, a-t-il assuré.

    «D’une façon ou d’une autre, nous sommes encore un peuple en révolution. Nous sommes passés de l’état de contrainte à une liberté sans limite, très vaste. Il nous faut un certain temps pour trouver l’équilibre. Le phénomène extrémiste va probablement durer plusieurs années, mais finira par s’essouffler», a jugé le ministre, reprochant aux médias de «focaliser sur la question des salafistes».
    «Il est vrai qu’après la révolution il y a une certaine anarchie et une faiblesse des institutions de l’Etat. Mais notre but est clair: bâtir un Etat de droit et faire respecter la loi par tous, qu’ils soient salafistes ou pas. Ceux qui occupent des routes, des bâtiments administratifs, c’est la même chose. Nous travaillons sur toutes les infractions quelles qu’elles soient», a insisté M. Laârayedh.

    En poste depuis six semaines, le ministre assure n’avoir aucun esprit de revanche et vouloir mener à bien la transformation du système sécuritaire, outil numéro un de la répression sous l’ancien régime.
    «Nous devons d’abord régler le problème du matériel: depuis la révolution, des commissariats ont été attaqués, des voitures détruites, le matériel est archaïque… Ensuite il faut changer les mentalités, les réflexes, sur le plan du respect des droits de l’Homme».
    La police politique a été démantelée, a affirmé M. Laârayedh. «Ceux qui suivaient, capturaient et torturaient des militants, des syndicalistes, des artistes, ont été démis de leur fonctions ou affectés à d’autres tâches dans l’administration», a-t-il déclaré.
    «Aujourd’hui, nous avons une police de renseignement qui suit les criminels ou les groupes qui pourraient porter atteinte à la sécurité nationale. Ce sont des forces républicaines, des policiers apolitiques», dit-il.

    Interrogé sur les archives du pays, Ali Laârayedh a insisté sur l’importance de «protéger le passé pour qu’il ne soit pas à la disposition de n’importe qui».

    S’inspirant de l’expérience des pays de l’Est après la chute du mur de Berlin, M. Laârayedh prône la création d’une institution chargée de gérer les archives tunisiennes et de les partager entre données personnelles, données touchant la sécurité de l’Etat et données pouvant tomber dans le domaine public.

    D’après AFP

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