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Tunisie – Le vote change selon les souhaits de Ben Jaâfar

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    Alors que le président de l’Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaâfar, n’a cessé de répéter durant les débats sur la loi de finances complémentaire 2012 qu’il n’accorde pas de points d’ordre, ni de remarques, au cours d’un vote, il s’est permis jeudi 10 mai d’intervenir lorsqu’il a constaté que les élus étaient en train d’approuver la proposition d’amendement faite par leur collègue Mohamed Chafik Zorguine, sur l’annulation des crédits des petits agriculteurs.

    Le vote en faveur de l’amendement a atteint 78 voix, soit plus de la majorité requise (142 votants), lorsque Mustapha Ben Jaâfar a alerté les élus et leur a rappelé le contenu de cette proposition. L’effet de cette intervention a été immédiat et le nombre des suffrages favorables est redescendu à 60, contre 72 et 10 abstentions.
    Cette scène qui s’est accompagnée d’interminables palabres au sein de l’Assemblée nationale constituante entraînant la levée de la séance, traduit la réalité de notre démocratie. Si on lui ajoute d’autres constats comme le fait que pendant le vote d’un autre article, on a fait le décompte de 165 suffrages exprimés alors qu’il n’y avait que 142 élus dans l’hémicycle. Ou encore le fait que l’on n’a pas une idée du vote de chaque élu malgré les interminables réclamations de Iyad Dahmani qui n’a cessé de réclamer que lumière soit faite sur les votes comme dans tous les parlements du monde.
    Suite à ces constats, il s’avère de plus en plus que ce semblant de laisser-aller dans les débats, qui s’est accompagné d’un rallongement inexplicable des durées pour cette loi de finances complémentaire 2012, est préalablement calculé. La Troîka gouvernante va d’ailleurs faire des réunions à l’échelle des régions et des conseils de ministres sur le développement régional avant de voir les premiers coups de pioches.

    La Troïka veut faire des projets de développement dans les régions représentant ses supports pour la prochaine campagne électorale. Mustapha Ben Jaâfar était là pour veiller à ce que la loi de finances se fasse dans les normes tracées par le gouvernement de Jebali.

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