Il ressort de la conférence de presse tenue ce matin du mardi 17 juillet 2012 que le 9ème congrès du mouvement Ennahdha a recommandé à la Constituante d’opter pour le régime parlementaire comme étant le plus indiqué pour la Tunisie en cette phase intermédiaire.
Le président du congrès Abdellatif Mekki a justifié ce choix par le fait que «la Tunisie est immunisée contre les risques du régime parlementaire, étant un petit pays dont la population est homogène dans ses choix religieux et culturels». Il a, toutefois, indiqué que «certaines prérogatives reviennent au président». «Mais, le dernier mot revient au parlement», a-t-il indiqué.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles, Ennahdha a opté pour l’élection directe de son président à partir des congressistes et, non, de son bureau exécutif qui élit le président du mouvement parmi ses membres, Abdellatif Mekki a évoqué l’unanimité autour du président fondateur, Rached Ghannouchi, et la situation transitoire par laquelle passe le mouvement, qui vit un apprentissage dans l’action publique après des décennies de clandestinité.
Ainsi, Ennahdha veut un régime parlementaire pour le pays et le refuse pour son parti en raison de la situation transitoire instable, comme si la situation dans le pays est suffisamment stable pour faire ce choix.
Par ailleurs, Abdellatif Mekki a déclaré que «le Mouvement Ennahdha va aller jusqu’au bout dans son choix du régime parlementaire». Ce qui veut dire qu’il n’y aura pas de majorité des deux tiers pour le régime parlementaire amendé ou le régime semi-présidentiel, dans la mesure où Ennahdha dispose de plus du tiers des membres de l’Assemblée nationale constituante et peut bloquer tout texte nécessitant les deux tiers.
Une telle approche veut dire que la bataille est encore longue pour la Constitution dont l’adoption doit se faire en deux lectures et votée aux deux-tiers selon l’organisation provisoire des pouvoirs public. Se dirige-t-on donc vers un référendum sur la Constitution ?










